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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

The Salvation

The Salvation

Les films de western ont connu de riches moments de gloire pendant de longues décennies mais aussi de gros bides. En 2014, Kristian Levring a décidé de s'exercer dans le genre en réalisant The Salvation. Nous sommes en 1871 dans l'ouest américain. Un émigré danois nommé John (Mads Mikkelsen) s’apprête à revoir sa femme et son fils après sept ans d'absence. Malheureusement, la petite famille n'a pas le temps de fêter ses retrouvailles car elle est attaquée par deux bandits. Impuissant, John ne peut protéger les siens qui sont assassinés sous ses yeux. En revanche, il les venge aussitôt.

C'est là que le film commence. L'un de ces malfrats n'était autre que le frère de Delarue (Jeffrey Dean Morgan). Cet ancien colonel de l'armée américaine est aujourd'hui à la tête d'une bande de hors la loi et fait régner la terreur dans le coin. Il exige aux habitants de la ville voisine qu'on lui ramène le coupable. Et pour se montrer plus persuasif, il n'hésite pas à tuer des honnêtes citoyens au hasard.

C'est ainsi qu'une chasse à l'homme commence. Livré au puissant criminel par les citadins qui préfèrent la lâcheté au courage, y compris le shérif Malick (Douglas Henshall), John va être sauvé par son frère Peter (Mikael Persbrandt). Mais les deux frangins vont-ils parvenir à vaincre seuls toutes ces fripouilles ?

Voilà pour le scénario. Passons maintenant aux personnages. Il n'y en a qu'un qui mérite vraiment qu'on parle de lui, c'est Delarue en personne. Cet individu n'est pas un simple bandit mais aussi un homme d'affaire et un visionnaire. Non content de terroriser la populace, il magouille aussi avec la compagnie banquière et fait tout pour s’accaparer le plus de terres possibles afin de les revendre plus tard à prix d'or car elles contiennent du pétrole. A cette époque, cette « huile noire » n'a absolument aucune valeur aux yeux des simples paysans et cow boys. Mais pour un ancien haut gradé de l'armée, c'est autre chose.

Delarue se comporte même comme un homme politique car il récupère tout à son avantage. Contrairement à ce qu'il laisse croire, il se moque complètement de la mort de son frère violeur notoire. Elle l'arrange d'ailleurs car elle lui sert de prétexte pour accentuer son oppression et lui permet de récupérer la femme de ce dernier appelée Madelaine (Eva Green).

Présenté comme cela, on croit s'attendre à un joli contenu. Mais en réalité, tout est mal présenté. The Salvation n'est qu'un simple western qui met en scène un héros seul contre une bande de voyous. La nationalité danoise de John et le pétrole font croire que le film se veut original mais ce n'est que de l’esbroufe. Il en est de même pour les acteurs.

En effet, plusieurs grands noms figurent au casting. Mais on se demande vraiment pourquoi. Eva Green est une superbe actrice mais elle interprète ici une muette sans expression. C'est sûrement le rôle le plus médiocre de toute sa carrière. Idem pour Eric Cantona. A part faire acte de présence, il ne sert à rien. En réalité, ces comédiens sont juste là pour qu'on lise leur nom au générique et servir de mirage pour appâter le spectateur. C'est navrant.

La réalisation est quand à elle nulle à plus d'un titre. Tout d'abord, il n'y a pas assez de maisons pour que l'on croit être dans une ville, et beaucoup d'entre elles sont brûlées dès le début sans que l'on sache pourquoi. Les décors sont dans l'ensemble très pauvres. Les dialogues ne sont pas percutants et les personnages manquent de vigueur comme si ils évoluaient tous au ralenti.

Mais il y a plus grave encore, les combats. Fait incroyable dans ce film, une seule balle ne suffit pas à tuer quelqu'un, même si on le touche dans le dos. Les hommes résistent à plusieurs tirs comme si ils portaient une armure. C'est du grand n'importe quoi ! De plus lors d'une scène, John se fait toucher à l'épaule droite. Pourtant, il tombe à terre et se frotte l'épaule gauche. Là, on touche vraiment le fond...

On attendait beaucoup de cette œuvre et la déception est immense. The Salvation ne comporte aucun point fort et est mauvais ou maladroit dans beaucoup de choses. On pourrait se montrer plus indulgent si il s'agissait d'un petit film de Série B mais ce n'est pas le cas au regard de son budget et de ses acteurs. Une bouse à éviter.

Note : 4/10

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