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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Bikini Atoll Tome 1

Bikini Atoll Tome 1

Savez vous que le bikini tient son nom d'une ile du Pacifique sur laquelle les Etats Unis ont effectué de nombreux essais nucléaires au lendemain de la seconde guerre mondiale ? Longtemps fermée au public, elle est aujourd'hui visitée par des groupes de touristes. Nous allons suivre le destin de l'un d'entre eux qui va s'avérer des plus sanglants.

Nous faisons la connaissance du capitaine Malaval. Avec son second Filo, il dirige une croisière qui fait le tour des iles Marshall avant de ralier l'Australie. Ses six clients sont aux anges. Au programme plongée dans les fonds marins, exploration d'épaves abandonnées et nage avec les requins. De belles sensations fortes en perspective.

Malaval connaît bien les lieux et l'histoire locale. Il se fait un plaisir de raconter les événements qui se sont déroulés lorsque les USA ont largué les bombes atomiques et surtout leurs conséquences. Irradiées, la faune et la flore ont été profondément bouleversé. Des indigènes ont été déporté sur d'autres iles et ont développé de nombreux cancers. Aujourd'hui, plus de 60 ans après les faits, il est toujours déconseillé de manger quoi que ce soit qui pousse dans les parages.

Pourtant, même si Malaval connait bien Bikini, il ignore une information fondamentale. Quelqu'un vit seul sur cette ile. Et ce n'est pas n'importe qui. Déformé dès la naissance par les radiations, il possède trois bras et une taille des plus impressionnantes. Mais ce n'est pas tout. C'est un terrible cannibale qui dévore les touristes. Malheureusement pour eux, Malaval et ses protégés sont sur son menu.

Il est temps de faire leur connaissance. On a deux couples, dont l'un est en reconstruction. Parce qu'il l'a trompé autrefois, Lysette peine à refaire confiance à Ethan et se refuse à lui. Leslie et Philip filent quand à eux le parfait amour. Quand aux deux visiteurs restants, il s'agit d'une mère nommée Lorene et de son fils Alan. Presque adulte, ce dernier est un handicapé mental et rend sa présence pénible à supporter pour certains membres du groupe.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le scénariste Christophe Bec prend le temps de développer son histoire et ses personnages. Le tueur ne frappe pour la première fois qu'à la page 53 sur un album qui en contient 128. Aucune de ses victimes n'est donc un inconnu mais un être que l'on connaît et auquel on est attaché au minimum.

Ce comics ressemble à s'y méprendre à un film d'horreur sur papier. Il contient un sacré paquet de gore. Les personnages sont lacérés, éventrés et décapités. La tension monte progressivement. Pendant longtemps, Malaval pense être capable de maîtriser la situation. Mais lorsqu'il comprend que ce n'est pas le cas, il est déjà trop tard.

Disons un nouveau mot sur l'anthropophage. Son aspect demeure si repoussant que les cannibales consanguins de films comme Détour mortel sont mignons à côté de lui. Précisons qu'il ne dévore pas spécifiquement les gens pour se nourrir. C'est plutôt un rituel. En effet comme l'explique Filo, aussi horrible soit-il à nos yeux, le cannibalisme est une pratique ancrée dans la culture des peuples indigènes depuis des siècles. Chez certains d'entre eux, c'est la punition extrême car la victime n'a plus d'enveloppe corporelle pour gagner le paradis. Ici, notre colosse mange donc les touristes pour se venger de ceux qui ont ravagé son ile des décennies plus tôt.

Bikini Atoll n'est pas un snuff movie gratuit. Il sert à dénoncer le drame de Bikini. Plus que le mal à l'état pur, c'est surtout l'inconscience des Américains qui est pointée du doigt. Ces imbéciles se prenaient pour des dieux. Ajoutons que notre cannibale n'est pas le seul être déformé par les radiations encore vivant de nos jours. C'est le cas également de certains poissons, dont un requin gigantesque.

Bikini Atoll est un pur survival qui comblera les lecteurs, tant par son côté politique que sanglant sans oublier les belles relations humaines qui le parsèment. Il est rare qu'une œuvre soit maîtrisée à ce point. Elle est d'autant plus appréciable que le dessin de Bernard Khattou est magnifique et très réaliste, et ce même si il est en noir et blanc. Voilà un comics à dévorer assurément pour tous les fans du genre.

Note : 9/10

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