Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Vasco Tome 7 : Le diable et le cathare

Vasco Tome 7 : Le diable et le cathare

On a tendance à l'oublier mais la série Vasco se passe en pleine guerre de cent ans. Il est donc normal de voir tôt ou tard des Anglais combattre les Français. Justement, il se murmure que les troupes du sinistre Prince Noir dévastent la région du Languedoc et sont sur le point d'envahir Carcassonne. Tous les habitants quittent donc la ville basse pour se réfugier derrière les remparts du sénéchal Thibaut de Barbazan.

L'heure est grave. Et pourtant, en dépit de la panique que la nouvelle procure, la plupart des hommes au pouvoir pensent surtout à une chose, brûler vif les cathares capturés récemment. Or, il se trouve que nous avons parmi les condamnés un individu bien singulier puisqu'il n'est autre que le père de Vasco, Ftancesco Baglioni.

Ayant apprit tout ça, Vasco se rue à Carcassonne pour tenter de sauver son paternel. Malheureusement, il comprend vite que plaider sa cause ne sert à rien et ne réussit pas non plus à le faire évader. Le lendemain de son arrivée doit avoir lieu l'exécution en public. Mais celle ci va connaître un dénouement inattendu.

Le jour venu, Carcassonne reçoit la visite d'une solide troupe de chevaliers armés jusqu'aux dents. Au début, on croit qu'il s'agit du comte de Toulouse Jean d'Armagnac venu assister à l'événement. Mais en réalité, nous avons là une usurpation d'identité. Car le chef de cette cohorte s'appelle Sicart le Diable. Et son but est justement de sauver les cathares.

L'effet de surprise est saisissant. Parce que ses ancêtres ont été spoilé par l'Eglise, Sicart est un chevalier faidit. Cela signifie qu'il n'obéit pas aux ordres du roi de France mais au contraire le combat. Il agit en totale indépendance. Très proche des cathares, il ne parvient cependant pas à les sauver mais enlève le fils de Barbazan en lui promettant qu'il le lui rendra lorsque les prisonniers seront relâchés.

Furieux, le sénéchal n'a cependant guère le loisir de le poursuivre car dans la foulée, les Anglais arrivent à leur tour à Carcassonne et saccagent la ville basse. Vasco décide alors de passer un marché avec lui. Il lui propose de lui rendre son fils en échange de la libération de son père. L'accord est vite conclut. A présent, il est temps de partir à la recherche des cathares.

Débusquer leur repaire dans le vaste sud de la France n'a rien d'aisé. Assisté d'un jeune homme particulièrement dévôt nommé Guilhem Perella qui lui sert de guide, notre jeune banquier parcourt toute la région et avance petit à petit, piochant différents indices d'un village à un autre. Cette enquête se révèle passionnante mais aussi dangereuse. En effet, il se pourrait bien que d'autres personnes cherchent la cachette des cathares, et ce pour des raisons beaucoup moins pures.

Ce 7eme tome de la série est particulier à plus d'un titre. Pour commencer, il nous permet d'en apprendre beaucoup sur le passé de Vasco. On découvre son enfance insouciante avec Lorenzo, la mort de sa mère qui a radicalement changé son père et comment il fut placé sous la tutelle de son oncle Tolomeï. C'est intéressant de savoir ceci. Son père n'a pas toujours été un cathare. Mais d'ailleurs, qui sont donc ces individus exactement ?

Les cathares sont des chrétiens qui, à l'instar de nombreuses autres communautés protestantes par la suite, dénoncent la corruption qui ronge l'Eglise catholique. Mais ce n'est pas tout. Les membres de cette secte rejettent tous les conforts matériels et plaisirs de la vie pour se consacrer à Dieu. Pour eux, même le sexe dans le cadre du mariage est prohibé et ils ne désirent pas se reproduire. Ce sont donc des fanatiques de la première heure. D'ailleurs, Francesco déclare à plusieurs reprises qu'il ne craint pas la mort et l'accueille même dignement, presque comme une délivrance.

Le message ici est clair. Contrairement à ce que l'on pourrait penser au départ, ce ne sont pas les Anglais qui sont le plus à redouter mais l'Eglise par l'intermédiaire de frère Eudes. Lugubre, sournois mais aussi cupide, ce dernier est vraiment malfaisant. Il se dispute souvent avec Barbazan. Beaucoup plus généreux et mesuré, ce sénéchal serait prêt à libérer les cathares avant même sa rencontre avec Sicart. Mais à l'époque, le pouvoir temporel n'a pas l'autorité pleine et entière sur le spirituel.

A l'instar de ses prédecesseurs, Le diable et le cathare est un excellent album. Contrairement aux autres, il ne se suffit pas à lui même. En effet, pour connaître le destin de Francesco Baglioni et de ses compagnons, il faudra lire le prochain numéro. On salive déjà d'impatience.

Note : 8/10

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article