Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

The last girl

The last girl

« Vous avez vu un film de zombies, vous les avez tous vu. » Cette affirmation que certains prononcent a la dent dure. Certes, les longs métrages sur le sujet se ressemblent beaucoup. La plupart du temps, ils se déroulent dans un monde apocalyptique ravagé par des hordes de morts vivants et racontent l'histoire de quelques humains qui tentent par tous les moyens de survivre. Mais rassurez vous, après avoir visionné The last girl, vous ne penserez plus que toutes ces histoires sont identiques.

Le récit se déroule en Angleterre. Depuis déjà un certain nombre d'années, ce pays (et probablement la planète entière) s'est vu infecté par un terrible champignon qui change les humains en zombies. Appelés les voraces et non les rodeurs, ces créatures s'avèrent un peu différentes de leurs cousines de The Walking Dead. Ici, les morts vivants sont quasiment aveugles et repèrent leurs proies par le bruit ou l'odeur. La plupart du temps, il n'errent pas au hasard mais se contentent de dormir debout. En revanche lorsqu'ils partent en chasse, ils se révèlent autant voire plus rapides qu'un homme ordinaire, ce qui fait qu'il est très difficile de leur échapper.

Ces données cassent déjà pas mal de clichés que l'on a sur les zombies et nous n'avons encore rien vu. Certains de ces monstres sont des enfants. Et contrairement à leurs congénères adultes, ils ont développé une conscience et une intelligence sensiblement humaines. On les appelle la seconde génération. L'armée en a capturé un certain nombre afin de les étudier.

Parmi les spécimens, nous faisons la connaissance de Mélanie (Sennia Nanua). Cette petite fille adorable se révèle très intelligente. Depuis sa naissance, elle est élevée par des militaires qui la traitent comme une détenue et une menace constante. Il faut dire que sa morsure est synonyme de contagion et que même si elle ne veut faire de mal à personne, une féroce envie de broyer les chairs la saisit dès que l'on s'approche trop près d'elle.

Son institutrice Helen Justineau (Gemma Arterton) l'apprécie beaucoup. Contrairement à ses collègues, elle ne la considère pas comme un monstre mais comme une personne à part entière. A l'opposé, le docteur Caroline Caldwell (Glenn Close) rêve de s'en servir comme cobaye pour ses expériences afin de mettre au point un sérum capable de guérir tout le monde de l'infection.

De prime abord, on a l'impression que cette scientifique est la méchante du film. Mais les choses s'avèrent en réalité bien moins manichéennes que ça. Si au début on se sent révolté de la façon dont sont traités les enfants zombies, on finit par comprendre les raisons des humains. Chacun veut faire en sorte que son espèce survive, et cela oblige parfois à des sacrifices. On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs...

The last girl est divisé en deux parties. La première est une sorte de huis clos qui nous sert à présenter les personnages. Ce n'est que lorsque l'on commence à comprendre la situation que la base militaire est prise d'assaut par les zombies. On bascule alors dans une seconde partie typiquement survival durant laquelle les personnages vont devoir trouver à manger lâchés en pleine nature.

La mise en scène est très soignée. Un peu longue et floue au début, elle se veut très immersive. Du début à la fin, on va suivre l'histoire aux côtés de Mélanie et découvrir avec elle le monde extérieur qui est devenu une vraie jungle. C'est elle l'héroïne et la clé de tout le long métrage. Mention spéciale à l'actrice qui l'interprète parfaitement.

The last girl est une œuvre très intelligente. Contrairement à de nombreuses histoires sur les zombies, elle met un point d'honneur à fournir une explication à l'apparition des morts vivants. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que celle ci est travaillée. D'une manière générale, l'univers de ce film est riche. La fin a également de quoi surprendre car elle est originale, poétique et boucle bien la boucle tout en restant assez ouverte.

Réalisé par Colm McCarthy en 2016, The last girl est une adaptation du roman de Mike Carey intitulé Celle qui a tous les dons. Evidemment, la comparaison avec The Walking Dead est tentante mais à bien y regarder, les deux œuvres sont très différentes. Dans la série de Robert Kirkman, les humains divisés en gangs sont une menace les uns envers les autres encore pire que les morts vivants. The last girl soulève de son côté d'autres questions plus intéressantes et se veut plus imaginatif avec diverses références. Créer des enfants zombies intelligents, il fallait oser ! Un grand film du cinéma d'horreur à voir sans modération !

Note : 8/10

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article