Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Les Chemins de Malefosse Tome 2 : L'attentement

Les Chemins de Malefosse Tome 2 : L'attentement

Dans l'épisode précédent, Gunther a délivré Pernette de Jean Louvel à la demande de Jeanne. Mais on se demande si il a bien fait car la jeune femme ne partage pas la même conviction que ses sauveurs. Au contraire, elle se revendique bonne catholique à tout bout de champs et affirme sans rougir que sa mère est une sorcière hérétique.

Quelques jours plus tard, on apprend une grave nouvelle. Henri III vient de se faire assassiner par un moine dominicain appelé Jacques Clément. Le nouveau roi légitime est donc son cousin Henri de Navarre devenu Henri IV. C'est un protestant. Or, le chef de la Ligue catholique Charles de Bourbon s'est couronné lui même roi sous le nom de Charles X. La guerre civile menace plus que jamais de s'étendre.

Mais il se pourrait qu'on en arrive pas là. Déjà commanditaire du meurtre précédent, le pape catholique menace de faire exécuter Henri IV par un autre moine dominicain qui n'est autre que Jean Louvel. Cela tombe bien car le nouveau souverain va justement passer près de Gisors pour se faire connaître auprès de sa population et la ralier à sa cause.

Le temps presse. Gunther et ses mercenaires doivent se rendre à la ville au plus vite afin de neutraliser le moine. Mais Pernette se révèle plus rapide qu'eux. Dès la nuit, elle s'échappe de la communauté et court prévenir Louvel du danger qui le menace. Loin de se montrer effrayé, ce dernier décide d'engager la jeune femme à son service.

Pour cela, il lui confie une mission des plus importantes. A l'aide de ses charmes, Pernette va devoir séduire le roi et l'empoisonner. Au départ, elle refuse mais Louvel lui assure que son but n'est pas d'éliminer Henri IV, seulement de le rendre malade quelques semaines pour le ralentir et gagner du temps pour regrouper les forces de la Ligue. Mais est-ce bien la vérité ?

C'est ainsi que l'on fait la connaissance du nouveau souverain. Immédiatement, celui ci se montre soucieux du bien être de ses sujets et entend bien gagner leurs cœurs en visitant toutes les villes du pays les unes après les autres. Mais ce qui frappe le plus chez lui, c'est son appétit sexuel. Dès qu'il fait la connaissance de Pernette, il décide immédiatement de la « labourrer », se souciant fort peu de sa disponibilité ou de son contentement.

C'est donc une proie facile à abattre pour une jeune femme. Mais si Pernette s'est montrée jusque ici impétueuse, sure d'elle et particulièrement frivole (y compris avec le petit Louis tout juste adolescent), ce n'est pas une meurtrière dans l'âme. Et visiblement, ses charmes se retournent contre elle. Trop obnubilé par eux, Henri IV refuse de boire tout de suite pour satisfaire d'abord son entrejambe avant son gosier, ce qui permet à Gunther et aux autres d'intervenir juste à temps.

L'attentat est donc évité de justesse et Pernette se retrouve aux mains du roi. En revanche, ce n'est pas le cas de Louvel qui parvient à s'enfuir après une belle course poursuite dans la cathédrale de Gisors, emportant avec lui Louis en otage. Gunther pleure la mort de deux de ses compagnons dans cette aventure. Mais il n'a guère le temps de se lamenter car déjà, Henri IV lui confie une nouvelle mission qu'on aura le loisir de découvrir au prochain tome.

Dans ce numéro, le personnage le plus important est incontestablement Pernette. Tout tourne autour d'elle ici. Pourtant, même si elle fait preuve d'un caractère et d'un comportement détestables, elle est elle aussi une victime des guerres de religion. La différence, c'est qu'elle ne s'en rend pas compte. Manipulée par l'Eglise catholique, elle est prête à quasiment tout pour obtenir un pardon divin qui l'absoudrait de tous ses péchés. Voilà sa principale motivation, et en aucun cas l'argent ou la gloire. Cela fait d'elle l'un des protagonistes les plus intéressants que l'on croisera certainement dans bien d'autres albums.

Les chemins de Malefosse continue de nous placer du côté protestant. Néanmoins, il faut reconnaître que les catholiques ne sont pas tous représentés comme des méchants. Pierre Henri Neveu, curé de Gisors, est un homme bon et intègre. Si il refuse l'entrée de son église à Henri IV tant qu'il n'est pas convertit, il n'hésite également pas à tenir tête à Louvel, disant que religion et politique ne devraient pas se mêler.

Quand au peuple, il se montre jusque ici très neutre. Outre la communauté de Jeanne, Gunther trouve plusieurs braves personnes qui l'aident tel que le peintre verrier Romain Buron de la ferme de Vaux. En général, les gens sont d'avantage préoccupés par leurs soucis quotidiens que par les conflits théologiques. De toute manière à leurs yeux, quel que soit le roi et la religion au pouvoir, ce sont eux qui payent toujours les pots cassés des guerres. Espérons qu'Henri IV changera cela et améliorera leur train de vie comme il en a l'intention.

Ce second tome est très bon. Outre son dessin, il faut souligner l'excellente colorisation de François Dermaut. Le ton se veut sérieux mais possède toutefois une dose d'humour à travers Balavais, personnage qui voit toujours tout et à qui il arrive bien des déboires (coursé par un sanglier, maladresses...). La série est bien lancée.

Note : 7,5/10

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article