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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Papyrus Tome 1 : La momie engloutie

Papyrus Tome 1 : La momie engloutie

Si l'on considère dans une certaine mesure qu'Alix incarne l'Antiquité romaine dans la bande dessinée pour enfants et jeunes adolescents, Papyrus représente quant à lui dans ce domaine l'Egypte antique. Crée en 1974 par Lucien De Gieter, ce personnage à la série éponyme est un petit pêcheur qui va vivre de nombreuses aventures avec les hommes les plus puissants de son temps mais aussi les nombreux dieux du culte égyptien.

Tout commence alors que la princesse Théti Chéri, supposée morte, a disparu après avoir été embaumé à la hâte avant même que son père, le pharaon Mérenptah, ne puisse la voir. C'est une catastrophe car elle est son unique héritière. Cela signifie que le trône d'Egypte est en danger à court ou moyen terme.

A priori, cela ne concerne guère un enfant orphelin du Nil. Mais la déesse Sobek décide qu'il en soit autrement et fait de lui le héros d'une prophétie chargé de la sauver. Ainsi, sans rien demander à personne, notre Papyrus va tout d'un coup traverser plein de péripéties. Et croyez moi, ça ne s'arrête pas. Jugez plutôt.

Découverte d'une jungle secrète en plein cœur de l'Egypte, course poursuite avec une tribu de pygmées, combat face à un sosie géant symbolisant sa propre peur, affrontement avec un scarabée tout aussi disproportionné, fuite d'une troupe de soldats en plein désert... Les épreuves s'enchaînent les unes à la suite des autres avec très peu de temps mort. L'auteur nous en donne pour notre argent côté action.

Entre deux étapes, Papyrus prend du galon. Il découvre le cercueil de Théti qui a en réalité été momifiée vivante et cachée ici contre sa volonté pour prendre le pouvoir. Puis il obtient une sorte de glaive magique dont la force est équivalente à son courage. Cette arme deviendra vite la marque de fabrique de la série.

Finalement, alors qu'il ne le voulait même pas au départ, Papyrus parvient à sauver Théti et à la ramener à son père. Mais en plus, avec l'aide des dieux, il déjoue le coup d'Etat formenté par le grand vizir Si-Nou-Hit. Aussitôt démasqué, ce dernier avale un poison mortel, préférant mourir en vitesse que d'avoir à affronter la justice de son roi. Quelle fin pathétique !

Pathétique est aussi un adjectif que l'on peut attribuer à Mérenptah. Celui ci est en effet très loin d'incarner la splendeur des pharaons. Extrêmement mollasson, il semble incapable de se mettre en colère et va jusqu'à faire honorer la dépouille de son ancien premier ministre alors qu'à sa place, n'importe qui aurait ordonné qu'on raye son nom à jamais de l'Histoire.

D'une manière générale, les personnages ne possèdent tous qu'un seul trait de caractère dans cet album. Par exemple, Papyrus est le parfait chevalier servant sans peur et sans reproche, l'armure en moins. On sent que cette bande dessinée est conçue pour les enfants. Le scénario se veut très linéaire et est parfois facilité par de grosses ficelles. Ne vous attendez pas à avoir la moindre surprise ici.

En revanche, on s'aperçoit que Lucien De Gieter effectue quelques efforts pour apprendre un peu l'Egypte antique à son lectorat. Ainsi, on s'aperçoit que des gens ont réellement été momifié vivants, ce qui devait être une horrible punition destinée aux pires criminels. Mais aussi et surtout, on découvre si besoin est qu'aucun Egyptien ne montait sur le dos d'un cheval, cet animal servant alors uniquement à tirer les chars. Toutefois, cela reste trop timide. On est loin du savoir encyclopédique de Jacques Martin.

Enfin, à l'image de son récit, le dessin est aussi très simple et même à la limite du passable. Les designs ne sont pas du tout travaillés tout comme les décors. On note parfois des erreurs de proportion d'une case à une autre. De plus, Papyrus ne possède aucune envergure et apparaît bien trop petit pour sembler un tantinet crédible.

Ce premier tome n'est donc pas très bon. Aujourd'hui, face à la concurrence du marché, il ne serait sans doute pas édité ou du moins ne percerait pas. Heureusement, Lucien De Gieter va prendre en compte ses défauts et tâcher de les corriger dans les albums suivants. C'est ce que l'on verra prochainement.

Note : 4/10

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