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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Les aventures de Guilhem d'Ussel chevalier troubadour Tome 1 : Marseille 1198

Les aventures de Guilhem d'Ussel chevalier troubadour Tome 1 : Marseille 1198

Après plusieurs romans sur le XVIeme et le XVIIeme siècle, Jean d'Aillon a décidé de s'attaquer au Moyen Age. Pour se faire, il a crée un personnage nommé Guilhem d'Ussel dont nous tenons le premier récit. Homme d'une trentaine d'années, ce chevalier au lourd passé possède la particularité d'être également troubadour. Ces deux qualités ne font généralement pas bon ménage. Comment un homme qui chante et joue de la musique pour amuser les foules peut-il ensuite se couvrir d'honneur en portant l'épée ? Le cadre historique se situe sous le règne de Philippe Auguste à l'aube du XIIIeme siècle. Et nous voilà partis pour une série qui va nous faire vivre joutes et affrontements entre seigneurs et rois de France et d'Angleterre mais pas seulement.

Ce premier tome se passe à Marseille. On découvre que cette ville jouit d'une richesse considérable à l'époque grâce aux croisades et au commerce avec les sarrasins. Elle attise la convoitise de nombreuses puissances qui aimeraient bien s'accaparer de ce point stratégique afin d'étendre leur pouvoir. C'est notamment le cas du pape Innocent III et surtout du seigneur voisin nommé Hugues de Beaux. Heureusement, le viguier Hugues de Fer veille au bon ordre de la ville. Ancien croisé et également marchand, ce personnage a réellement existé et était chargé de la justice et des impôts à la place du vicomte Roncelin, simple incapable et pleutre.

L'histoire commence alors que Roncelin vient tout juste de se faire enlever. Hugues de Fer déduit rapidement que les coupables ne sont autres que les hommes de Beaux appelés les Beaussenques. Afin de préserver la paix à Marseille, il monte une expédition pour s'infiltrer dans le château du seigneur et délivrer son suzerain.

Une bien étrange troupe se constitue sous les ordres du viguier. Il y a bien sur Guilhem mais également Robert de Locksley plus connu sous le nom de Robin des bois. C'est avec plaisir que nous retrouvons le célèbre archer. Sa vie de voleur est loin, il est redevenu comte de Huntington au service de Richard Cœur de Lion. Petit Jean et Lady Marianne sont morts mais le Saxon va peut-être retrouver une épouse en tout point conforme à la précédente.

Nommée Anna Maria, cette jeune fille et son frère Bartholomeo sont des jongleurs envoyés par le pape pour tenter de racheter Marseille au vicomte. La troupe se compose également d'Ibn Rush connu également sous le nom d'Averroès. Ce grand médecin arabe tombé récemment en disgrâce à Marrakech est très ami avec Hugues de Fer. Enfin, un Perse nommé Nedjm Arslan complète le groupe. Contrairement à ses compagnons, l'homme n'est pas doté d'une personnalité extraordinaire mais il connaît le secret de la poudre à canon. A ce sujet, l'auteur a peut-être prit quelques libertés car la poudre noire ne commencera à être utilisée en France que 150 ans plus tard.

La troupe a un plan mais une fois au château, rien ne se passe comme prévu. Trahi par un ennemi à Marseille, Hugues de Fer est enfermé. Guilhem prête un faux serment d'allégeance à Hugues de Beaux pour sauver sa vie tandis que Robert de Locksley préserve les apparences le concernant car il n'est pas arrivé au castrum en même temps que les autres.

En revanche, il se fait rapidement un ennemi en la personne de Rostand de Castillon. Demi frère d'Hugues de Beaux, ce dernier brigue sa place et n'hésite pour cela pas à l'empoisonner à petit feu. Véritable violeur et assassin, c'est le personnage le plus cruel de l’œuvre. Il se livrera d'ailleurs à un fort joli duel de tir à l'arc avec Locksley pour la possession d'Anna Maria. Bien entendu, il est tout simplement impossible que Robin des bois perde.

Fidèle à son habitude, Jean d'Aillon construit son roman à la manière d'une enquête policière. Le début promet de belles choses mais la suite s'avère plus classique. La troupe entière finit par s'évader à l'aide de la poudre du Perse qui sert ici de véritable bombe pour semer la confusion au château. On finira également par découvrir le ou plutôt les traîtres à Marseille. Si on se doutait du premier, le second nous était inconnu. A quoi cela sert-il de jouer aux devinettes quand le lecteur ne connaît pas tous les personnages en scène ?

Autre bémol, le livre a pour titre Guilhem d'Ussel. Pourtant, le chevalier n'est pas spécialement mit en avant plus que Robert de Locksley et Hugues de Fer, hormis dans la dernière partie du roman. Cette histoire est celle de sept héros, pas d'un seul. Ce n'est nullement un reproche mais il convient de le préciser au cas où certains seraient trompés par le titre.

Les scènes d'actions sont nombreuses dans le roman. Guilhem se révèle un excellent escrimeur et un homme très intelligent capable de duper son monde mais ça on s'en doutait. Robert de Locksley est bien traité et continue de préférer l'arc à l'épée. Quand aux jongleurs, ce sont des personnages attachants à qui on peut facilement s'identifier.

Le roman est bon mais pas excellent. Il manque quelque chose pour en faire une belle œuvre. L'intrigue n'est pas si complexe que ça et l'identité d'un des traîtres à Marseille est plutôt décevante. Ceci dit, la plume de Jean d'Aillon se lit très bien. L'auteur a effectué de nombreuses recherches afin de nous en apprendre beaucoup sur Marseille et la Provence au XIIeme siècle, c'est toujours louable.

Note : 6,5/10

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