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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

La Malbête Tome 2 : Barthélemy de Beauterne

La Malbête Tome 2 : Barthélemy de Beauterne

Trois ans se sont écoulés depuis le tome 1. Barthélemy s'est fait adopter par Antoine et mène une vie heureuse de jeune nobliau dans la maison des Beauterne. Pourtant, il n'a pas oublié la bête du Gévaudan et son nouveau père non plus d'ailleurs. Même si l'affaire a été officiellement étouffée, le monstre est toujours vivant et plus féroce que jamais. L'évêque de Mende n'en peut plus et appelle ses amis au secours. Il faut à tout prix arrêter cette boucherie.

Barthélemy décide donc de rentrer en Gévaudan, mais cette fois ci seul. Rapidement, il tombe dans un guet apens, se fait pourchasser une nouvelle fois par François dans la forêt et trouve refuge auprès de Jean Chastel. Ce dernier n'est plus le même homme. Il s'est convertit au catholicisme et semble avoir beaucoup à expier. Il fait d'ailleurs de terribles révélations.

Bientôt, on apprend le fin mot de cette affaire qui a curieusement débuté il y a environ un siècle sous le règne de Louis XIV. A cette époque, le comte de Morangies se comportait comme un véritable tyran avec la population du Gévaudan. Ses gens ont fini par se plaindre au roi qui l'a durement chatié lui et sa famille au cours d'un procès retentissant. On appelle cet épisode de l'Histoire « Les grands jours d'Auvergne ».

Cent ans plus tard, son petit fils devenu comte a son tour a juré de se venger de son peuple qui avait osé trahir son ancêtre. Un jour, il rencontra Jean Chastel dont la famille avait été massacré pour protestantisme. Les deux hommes eurent l'idée de la bête en créant un hybride chien loup très puissant et en lui ordonnant d'attaquer les petites gens. C'est ainsi qu'ils ont répandu la terreur dans toute la région.

Désireux de se racheter, Chastel parvient cependant à appeler la bête et à la tuer à l'aide du sifflet en forme de crucifix qu'il avait confié à Barthélémy dans le premier tome. Néanmoins, l'histoire n'est pas tout à fait terminée pour autant. Entre temps, Morangies a eu le temps de faire d'autres animaux de ce genre et s'apprête à exterminer grace à eux la moitié de la population locale. Un vrai petit génocide déguisé en drame de la nature.

Le comble est atteint lorque le comte propose à Barthélemy de rejoindre ses rangs et de récupérer la place laissée libre par Chastel. Après tout, lui aussi a connu des malheurs à cause des gens du Gévaudan. Mais ce n'est une raison pour devenir cinglé. Le jeune homme refuse tout net. Et dans la foulée, Antoine de Beauterne vient mettre un terme à toute cette folie accompagné de nombreux soldats.

Ainsi se conclut ce second tome et cette série dont il y a beaucoup de choses à dire. Pratiquement inexistant dans le premier numéro, le comte de Morangies est donc bien le coupable dans cette affaire associé à Chastel. C'est ce que pensent de nombreux historiens. En revanche, le fait de remonter les origines de tout ceci au grands jours d'Auvergne est une très bonne idée. Cela a au moins le mérite de faire connaître un chapitre méconnu de l'Histoire de France.

Aurélien Ducoudray arrive à nous proposer un scénario qui se tient historiquement parlant. Et le fait de dresser un parallèle entre Chastel et Barthélemy est intéressant. En prime, on a même des réflexions sur les pouvoirs des nobles et l'impunité presque total dont ils jouissent, ce qui déclenchera la Révolution vingt ans plus tard ici annoncée.

En revanche, il y a un gros problème avec la bête. Si l'auteur s'attarde sur les questions religieuses et la hiérarchie du tiers Etat, il élude presque l'animal en question. Or, c'est pourtant lui qui est au centre de l'action ! Comment la Dévoreuse résistait aux balles des chasseurs et restait toujours insaisissable ? Pourquoi personne ne parvenait à l'identifier alors que ce n'était qu'un hybride chien-loup et non un animal exotique ? Ces questions et bien d'autres n'ont pas de réponse et c'est grave. A noter que Hamo ne s'en sort pas mieux là dessus. Le design de la bête est nul et absolument pas travaillé. On sent vraiment que les deux collaborateurs ont voulu expédier cette pièce du puzzle pourtant cruciale et c'est profondément dommage pour la série.

Ce n'est pas tout. L'arrivée en force d'Antoine de Beauterne au meilleur moment alors qu'il nous semblait désormais trop vieux pour voyager (et même à moitié fou) n'est pas du tout crédible. On sent la facilité scénaristique. De plus, notons que ce tome 2 se passe en 1768. Or, l'affaire a définitivement arrêtée en 1767. Comment des auteurs aussi bien renseignés sur le sujet peuvent-ils faire une erreur aussi grossière ?

Néanmoins, en dépit de tous ses défauts, La Malbête nous offre pas mal de plaisir lors de sa lecture, ce qui est le principal. La mise en scène est excellente et les personnages attachants hormis François beaucoup trop caricatural. A défaut de faire date, cette petite série mérite le détour au passage. Mais on ne tient pas encore une bande dessinée à la hauteur de ce que fut la Dévoreuse et son mystère.

Note : 7/10

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