Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

La Malbête Tome 1 : Monsieur Antoine en Gévaudan

La Malbête Tome 1 : Monsieur Antoine en Gévaudan

La bête du Gévaudan est l'un des mystères les plus fascinants de l'histoire de France. Pourtant, il faut reconnaître que si de nombreux ouvrages documentaires ont été produit sur le sujet, les récits fictionnels n'ont guère suivi, que ce soient sous forme de romans, bandes dessinées ou films. Les passionnées de la Dévoreuse éprouvent donc une grande joie chaque fois qu'ils en découvrent un. Intéressons nous ici à La Malbête, un diptyque signé Aurélien Ducoudray (scénariste) et Hamo (dessinateur).

L'histoire commence en 1765. Depuis un an, un animal mystérieux s'attaque aux gens du peuple en Gévaudan (aujourd'hui la Lozère), ciblant principalement des femmes et des enfants. Ses assauts sont souvent mortels et une grande terreur s'installe dans toute la région. De nombreux chasseurs tentent d'attraper la bête, en vain. Excédé, le roi Louis XV envoie dans cette contrée son porte arquebuse Antoine de Bauterne afin qu'il l'extermine en son nom.

Sitôt arrivé en Gévaudan, Antoine de Bauterne se prend en sympathie avec un jeune garçon natif du coin nommé Barthélémy. Orphelin depuis la mort de son père, ce dernier accepte de l'accompagner et de lui servir de guide pendant toute la durée de la mission. Mais cela va forcément déplaire à François, le fils d'Antoine.

Logés chez le comte de Tournon, les Beauterne débutent leur enquête. Antoine commence par abolir les mesures prises par son prédecesseur François Denneval, ancien envoyé du roi, notamment celle consistant à empoisonner les victimes défuntes de la bête et à les laisser dans la nature sans sépulture au cas où celle ci reviendrait les dévorer.

Ses mesures sont plutôt saluées par le peuple. Antoine est un homme aussi bon que riche et qui ne ménage pas sa peine malgré sa vieillesse. Malheureusement, François est tout son opposé. Très fier d'appartenir à la noblesse, il n'a aucun respect pour les paysans qu'il appelle « cul terreux » et pense d'avantage à profiter de sa jeunesse qu'à exterminer le terrible animal.

On comprend donc sans mal qu'il soit terriblement jaloux de Barthélémy. Gentil, astucieux et débrouillard, ce garçon n'a cependant pas sa langue dans sa poche lorsqu'il veut dénoncer quelque chose. Ainsi, il ne montre aucune attache particulière à Louis XV puisque ce dernier a fait pendre son paternel pour protestantisme.

Ce dernier ingrédient surprend beaucoup et pourrait être la clé de l'affaire. En 1765, il y a déjà longtemps que les guerres de religion sont terminées. Pourtant en Gévaudan, les protestants vivent cachés et pratiquent leurs rites en secret sous peine de se faire emprisonner. Il se pourrait bien que l'un d'entre eux aient décidé de se venger des catholiques en dressant un animal. Pourquoi pas le garde forestier Jean Chastel qui sait ?

Quoi qu'il en soit, les semaines s'écoulent et Antoine n'obtient toujours aucun résultat. Afin de cloturer cette affaire au moins d'un point de vue médiatique, le roi envoie son naturaliste Buffon créer une fausse bête à l'aide de diverses dépouilles. Contraints d'être complices, les Bauterne rentrent à Versailles la tête basse mais avec Barthélémy dans leurs valises. Bien qu'issu du peuple, le jeune garçon s'aprête à recevoir une belle éducation à Paris. Mais en attendant dans le Gévaudan, le mystère de la bête n'est toujours pas éclaircit.

La Malbête reprend assez peu d'éléments de la vraie histoire. Un néophyte n'apprendra pas grand chose sur le sujet. Les chasses sont rares, les attaques aussi et même l'enquête peine à avancer. Le récit se concentre beaucoup plus sur les relations qu'entretient Barthélémy avec les Bauterne et sur les minorités religieuses.

Malgré tout, le scénario n'est pas désagréable pour autant. L'atmosphère de l'époque est plutôt bien retranscrite. Les dialogues sont bons et permettent une narration très rapide. En ce qui concerne le dessin, on est cependant un peu plus mesuré. D'un côté, le style de Hamo est grossier et manque de détails. Mais de l'autre, il est au moins très lisible et parvient malgré tout à nous faire ressentir pas mal d'émotions à travers les yeux des personnages.

Ce premier tome offre donc un agréable petit moment de lecture. A noter qu'en dépit des apparences, il ne doit pas être mit à la portée des jeunes enfants. En effet, il contient un corps décapité mais aussi un peu de nudité soft, notamment une scène saphique chez le marquis de Morangiès. Rassurez vous toutefois, pas de quoi fouetter un chat. Il manque cependant un peu d'action. Le meurtre d'une seule personne en temps réel par la bête aurait conféré plus de poids à l'oeuvre.

Note : 6,5/10

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article