Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

The Green Inferno

The Green Inferno

Il fut un temps où les films mettant en scène des indigènes dévorant des voyageurs perdus dans la jungle rencontraient un grand succès. Ces « cannibal movies » étaient souvent un prétexte pour montrer des scènes de violence parfois très dures qui choquaient beaucoup à l'époque. Depuis, ce genre a disparu pour laisser la place notamment au « torture porn ». Pourtant en 2013, Eli Roth a tenté de le ressusciter en réalisant The Green Inferno.

Depuis quelque temps, Justine (Lorenza Izzo) s'intéresse à un groupe de militants écologistes menés par Alejandro (Ariel Levy). Un beau jour, elle accepte de participer avec eux à une expédition en Amazonie destinée à lutter contre la déforestation et sensée préserver l'habitat des Yares, une tribu indigène du coin.

L'action est dangereuse et irréfléchie mais fonctionne de justesse. Avec pour unique arme les caméras de leurs téléphones portables reliées en direct aux réseaux sociaux, les étudiants obtiennent gain de cause. Ils peuvent exulter mais malheureusement pour eux, la fête va être très vite écourtée.

En effet sur le chemin du retour, leur avion s'écrase dans la jungle. Immédiatement, ils sont capturés par la tribu qu'ils étaient justement venus défendre. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les Yares ne vont absolument pas se montrer reconnaissants. A leurs yeux, ces hommes blancs ne sont rien d'autre que de la nourriture et ils vont s'empresser de dévorer ces « cadeaux des dieux ».

Dès lors, les supplices vont commencer. Enfermés dans une grande cage en bois gardée en permanence, les écologistes vont être exécutés les uns après les autres sous les yeux de leurs camarades impuissants. Membres découpés, yeux arrachés mais aussi viol avec un baton en forme de griffe et condamnation aux fourmis sont au programme. En prime, on a même droit à un individu dévoré vivant comme si ses ennemis étaient des zombies sortis tout droit de la série The Walking Dead.

Les scènes sont assez gores, tout particulièrement l'exécution du brave Jonah (Aaron Burns) qui ne devient progressivement plus qu'un tronc humain avant de mourir. Mais la violence est tout autant psychologique. En effet, les cannibales traitent vraiment leurs victimes comme des animaux. Ils se moquent d'eux et vont jusqu'à les forcer à manger la chair humaine de l'un des leurs. Qui a dit que la perversion est un fruit de la civilisation ?

Que ferait-on si on se trouvait à la place des étudiants ? Aucun spectateur ne peut s'empêcher de se poser cette question. Nous sommes complètement immergés dans ce film. Il faut dire que les indigènes que l'on voit à l'écran ne sont pas des acteurs mais un véritable peuple primitif. The Green Inferno a donc un aspect presque un peu documentaire puisqu'il nous permet de découvrir leurs manières de cuisiner la viande par exemple. Difficile de faire mieux en terme de réalisme.

Le fait d'aborder les « cannibal movies » sous l'angle de la déforestation est une très bonne idée. Elle est à la fois originale, actuelle et vicieuse. Certains ont prétendu que The Green Inferno est un film antiécologique qui justifie que l'on détruise l'habitat des peuples primitifs. C'est évidemment faux et Eli Roth l'a parfaitement démontré lors d'un discours. Néanmoins, on ne peut s'empêcher de voir dans cette œuvre les buldozers et hommes d'affaires cupides comme des sauveurs évidents de la « vraie » humanité.

Les personnages sont bien construits, notamment Alejandro. Cet homme joue les idéalistes mais se révèle finalement être un menteur et un escroc. Egoïste, voir ses compagnons mourir ne l'émeut pas du tout. Il va même jusqu'à dire : « On a de la chance qu'ils ont tué Jonah en premier. Ca leur fait beaucoup de réserve de viande ». Difficile de faire plus pragmatique et plus froid.

La mise en scène est très soignée. Certes, les cannibales mettent environ une demi heure à apparaître mais ce n'est pas très grave car selon ses habitudes, Eli Roth aime prendre son temps pour raconter une vraie histoire et non une simple boucherie gratuite. De toute manière, il n'y a pas de longueurs et beaucoup de suspense. En prime, la forêt dense verte et la couleur rouge qui recouvre le corps de tous les indigènes confèrent un aspect très éouffant. On se situe bel et bien dans la jungle au bout du monde.

Attention, le film comporte cependant quelques défauts. Si le meurtre de Jonah marque les esprits, il a lieu en premier. C'est dommage qu'après une telle entrée, le plat de résistance se révèle moins impressionnant. Les étudiants se laissent un peu trop faire, ils pourraient essayer de se battre un peu plus même si ils n'ont pas d'armes. Mais c'est surtout le discours final de Justine, une fois rentrée chez elle, qui est incompréhensible. Sans compter la scène post générique qui laisse augurer une suite qui ne verra malheureusement jamais le jour.

Eli Roth est un pur fan des « cannibales movies » et ça se voit. On sent qu'il s'est avant tout fait plaisir dans cette production. The Green Inferno est un hommage assumé au meilleur film du genre, Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato. Attention, ce n'est cependant pas un remake car il se veut également novateur. En tout cas, on ne peut qu'applaudir le réalisateur américain pour sa prise de risque dans ce domaine.

Note : 7,5/10

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article