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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Jhen Tome 5 : La cathédrale

Jhen Tome 5 : La cathédrale

Depuis quelques tomes, Jhen est devenu un expert dans la fortification des murailles. Mais c'est un artiste avant tout et il rêve de participer à la construction de somptueux monuments qui traverseront le temps. Cela tombe bien car il vient de trouver un emploi en tant que sculpteur pour la cathédrale de Strasbourg. Il se rend donc à cette ville en compagnie de son ami Parfait.

En chemin, nos deux voyageurs découvrent deux châteaux forts construits côte à côte. Leurs propriétaires sont des cousins éloignés appelés les Rathsamhausen et les Lutzelburg. Pour des raisons obscures, ils se détestent depuis de nombreuses années au point de ne même pas s'adresser la parole. Pourtant, deux de leurs enfants nommés Clara et Marc sont follement amoureux l'un de l'autre et multiplient les ruses pour se voir en cachette au mépris de toute querelle familiale.

Après avoir tué le faucon de chasse du seigneur de Rathsamhausen, Parfait décide de rester quelque temps dans le coin afin de racheter sa faute par des jours de travail. Rapidement, il va se prendre d'affection pour les deux tourtereaux et tout faire pour les réunir, allant jusqu'à les protéger des sinistres hommes de main des Lutzelburg.

Pendant ce temps, Jhen arrive seul à Strasbourg. Dès son arrivée, il apprend que la cathédrale en plein travaux depuis des siècles est hantée par un mystérieux fantôme noir qui jette des pierres du haut des clochers afin de faire peur à la foule. Évidemment, notre sculpteur préféré ne croit pas aux esprits magiques et il va s'empresser de mener l'enquête avec son ami l'architecte Lorenz.

A force d'explorer la cathédrale de ses sommets à ses souterrains, Jhen finit par faire la connaissance de l'étrange individu. Il s'agit bien évidemment d'un homme en chair et en os appelé Jerome Lutzelburg. Fils ainé du seigneur que nous avons croisé plus tôt, cet apprenti Quasimodo a apprit que l'évêque de Strasbourg projette d'offrir son château à Sigismond, l'empereur du Saint Empire Germanique.

Il faut empêcher cette transaction à tout prix car elle rendrait toute l'Alsace vulnérable face à ce monarque étranger. Mais les moyens ne sont pas légion. Jhen décide alors de contacter les magistrats de Strasbourg. Ceux ci vont s'empresser de faire valoir leurs droits au détriment du clergé sur la ville et ses fiefs alentours.

A travers cet album, les lecteurs reçoivent un vrai cours d'histoire. Outre l'aspect géopolitique, on nous présente les différents pouvoirs qui existent déjà dans certains lieux à l'époque. Contrairement aux idées reçues, la noblesse et le clergé ne tiennent pas tout entre leurs mains au Moyen Age. Certaines cités sont déjà indépendantes avec des notables à leur tête. En prime, on nous gratifie également d'une leçon sur le fonctionnement d'un couvent et les conditions pour y rentrer en tant que nonne.

De plus, le scénario est vraiment très maîtrisé. Les deux histoires que l'on croit indépendantes se rejoignent parfaitement. Loin de simplement gonfler le récit, l'idylle amoureuse s'avère être la clé de l'intrigue à plus d'un titre. En effet, après avoir vu Marc se faire tuer sous ses yeux, Clara décide de se réfugier au couvent du coin. Peu après, c'est elle qui réconcilie les deux familles. Et cette union sera indispensable pour contrecarrer les plans de l'évêque.

Voilà ce qu'on appelle boucler la boucle. Ce cinquième tome de Jhen est de loin le meilleur de la série jusqu'à maintenant. Jacques Martin se rachète joliment de son loupé de la dernière fois et apparaît au top de sa forme. Quand au dessin de Jean Pleyers, il est tout simplement éblouissant. Certes, je dis ça à chaque fois mais réussir tant de minutieux détails sur toutes les cases où il y a une église est une vraie prouesse. On reconnaît bien la cathédrale de Strasbourg.

Après 5 tomes, il s'avère que la série de Jhen se montre assez inégale. Certains albums comme celui ci sont très bons mais d'autres malheureusement ratés. En tout cas, on ne voit pour une fois pas Gilles de Rais un seul instant et cette absence offre un vrai bol d'air à l’œuvre. Espérons que les auteurs sauront s'en souvenir la prochaine fois.

Note : 8/10

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