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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

John McCabe

John McCabe

En 1902, un homme d'affaires nommé John McCabe (Warren Beatty) décide de construire un bordel à Presbyterian Church, une petite ville minière des Etats Unis. Grace aux conseils appuyés de la grande prostituée Constance Miller (Julie Christie), son établissement se développe et acquiert beaucoup de succès. A tel point qu'une grande entreprise décide de le lui racheter. McCabe refuse toute proposition et va donc devoir affronter trois tueurs chargés de l'abattre par la firme.

Réalisé en 1971 par Robert Altman, John McCabe n'est pas un western ordinaire mais un film plus politique qu'il n'y paraît. En effet, c'est une métaphore de la lute entre le petit entrepreneur solitaire face à la grande compagnie. Bien souvent, celle ci ne recule devant rien pour parvenir à ses fins, y compris utiliser des moyens frauduleux. Alors faire appel à des tueurs au tout début du XXeme siècle au fin fond de l'ouest américain s'avère malheureusement très crédible.

Ce qui est surprenant dans ce film, c'est qu'il n'y a pas vraiment de héros. On ne cherche pas à victimiser ou glorifier la victime, juste à établir des faits comme le ferait un documentaire fiction. McCabe n'a guère d'envergure. C'est un proxénète (ce qui est très mal vu aujourd'hui) et un ivrogne. Il ne manipule pas le colt à la vitesse de l'éclair et peine à tenir ses comptes.

A côté de lui, son associée Constance Miller fait bonne figure. C'est elle qui tient la maison. Elle joue le rôle de mère maquerelle et de courtisane de luxe en même temps. McCabe en est amoureux mais lui aussi doit payer pour obtenir ses faveurs sexuelles. Décidément, ce gars est certes sympathique mais il n'a aucun charisme.

Pourtant, il décide coûte que coûte de tenir tête à la compagnie. Tout le monde n'a pas son courage. Sentant le vent tourner, ceux qui l'entouraient se désolidarisent de lui pour revenir boire dans le petit saloon initial du concurrent. C'est donc seul au cours d'une partie de cache cache dans la ville enneigée que McCabe va combattre ses adversaires à l'arme à feu.

Dit comme cela, le scénario est assez bon. Mais la réalisation n'est vraiment pas à la hauteur. On a énormément de longueurs. Les scènes sont laborieuses et s'étirent de manière inutile. La première partie, surtout, est catastrophique. On s'ennuie vraiment en regardant McCabe s'échiner à monter son saloon entre deux verres d'alcool.

Les longueurs auraient pu en grande partie disparaître si on y avait glissé de l'érotisme. Mais malgré le sujet, ce film ne se veut absolument pas racoleur. C'est à n'y rien comprendre. On traite d'un bordel et on ne voit quasiment aucune fille nue et aucune scène sexuelle. Le sexe n'est ici qu'un prétexte, rien de plus. D'ailleurs puisque on en parle, notons que les prostituées sont toutes moches. Franchement, il faut vraiment être en manque pour monter avec une. Pauvres mineurs.

Le film est crasseux d'une manière générale. Seuls les décors sont jolis, en particulier la passerelle de la ville. Même la photographie est sale. Ici, on ne cherche pas à arranger la réalité pour faire quelque chose de beau mais à montrer la vie dure des gens de l'époque sans l'édulcorer. Cela ne fait envie à personne.

John McCabe est une énorme déception. Il aurait pu être une œuvre grandiose associant le charme à la lute politique. Mais tout est raté. Seul le jeu de Warren Beatty n'est pas mauvais. Néanmoins, pour le message qu'il a voulu transmettre et certains de ses choix artistiques courageux, je ne mets pas une note trop mauvaise à ce film. Néanmoins, inutile de le visionner, c'est une perte de temps.

Note : 4/10

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