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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Hostel

Hostel

Trois amis nommés Josh (Derek Richardson), Paxton (Jay Hernandez) et Oli (Eybor Guojonsson) accomplissent une sorte de sex tour en Europe pendant leurs vacances estivales. Après avoir visité le célèbre quartier rouge d'Amsterdam, ils décident de se rendre en Slovaquie, pays où les filles sont faciles et magnifiques parait-il. Mais ils vont vite déchanter.

Une fois arrivés à l'hôtel indiqué par un certain Alexei (Lubomir Bukovy), ils font la connaissance de créatures de rêves et peu farouches, notamment la sulfureuse Natalya (Barbara Nedeljakova). Mais ces poupées n'offrent pas leurs charmes parce qu'elles aiment l'accent américain. Ce sont en réalité des prostituées de la pire espèce chargées de rabattre des jeunes hommes et de les offrir comme chair à patée à une association de bouchers, l'Elite Hunting.

Réalisé en 2005 par Eli Roth, Hostel a marqué son époque dans un genre appelé « torture porn ». Parfois comparé à Saw apparu à la même période, il s'en détache cependant sur de nombreux points que nous allons énumérer dès maintenant.

Le premier élément qui saute aux yeux concerne les tueurs. Alors que Saw se contente d'un seul assassin, Hostel met en lumière une véritable entreprise de l'ombre. Organisée en véritable réseau disséminé dans l'Europe entière, elle rappatrie des jeunes gens, les kidnappe et les vend à des hommes d'affaires des plus perverts.

Au début, on croit que le but est d'engendrer un trafic d'organes ou de fournir de la viande humaine incognito à des restaurants du coin. Mais la réalité est plus macabre encore. Visiblement, certains individus sont prêts à payer des fortunes pour torturer des êtres humains gratuitement en toute impunité. L'objectif ne consiste à rien d'autre que découper de la viande vivante. C'est particulièrement cruel et sadique, et pourtant presque crédible si on en croit les témoignages du réalisateur.

Saw possède un tueur de génie au comportement parfois ambigu qui choisit ses victimes de manière précise et leur offre toujours une infime chance de s'en sortir. Hostel apparaît moins sophistiqué. A défaut de vraiment impressionner, l'Elite Hunting s'avère quand même très puissante. Bien organisée, elle compte de nombreux alliés parmi la police corrompue dans la ville où elle opère. En revanche, ses victimes sont beaucoup plus nombreuses et elle les sélectionne au hasard sans leur laisser la moindre possibilité de survie.

L'aspect voyeuriste est également bien plus présent dans Hostel. Dans Saw, la torture est surtout psychologique et le gore n'est qu'un élément supplémentaire distillé avec parcimonie. A l'inverse, l'oeuvre de Eli Roth se veut beaucoup plus sanglante. Très généreuse en membres découpés (tendons d'Achille, doigts, jambes...), elle nous offre en plus une scène mémorable dans laquelle l'oeil d'une jeune fille sort de son orbite et pend juste sous son nez. Clairement, on n'oubliera pas cet instant de sitôt.

Enfin, l'élément sexuel est ici important. Totalement absent dans Saw, il joue ici un grand rôle au départ et on a droit à quelques belles scènes dans les divers bordels et saunas où passent les personnages. Ca rince l'oeil avant de le perdre...

Venons en aux protagonistes. Ils sont bien développés sans en faire trop. Ce sont simplement trois jeunes hommes un brin naïfs qui désirent faire la fête au maximum avant de se consacrer pleinement à leurs études. Cela les rend attachants et facilement identifiables. On se dit que presque n'importe qui pourrait être à leur place.

Si deux d'entre eux succombent facilement, le troisième Paxton se révèle plein de ressources. Remplit de courage mais aussi d'altruisme, ses actes forcent le respect. Néanmoins, ils sont quand même exagérés. La scène dans laquelle il échappe à son geolier pour déambuler dans les couloirs de l'entreprise est malheureusement peu crédible, ce qui est un dommage.

Au passage, Hostel joue au maximum sur les clichés des pays de l'est au point de conférer une image très négative de la Slovaquie. Outre l'Elite Hunting et la police corrompue (ce qui fait déjà beaucoup), il faut également se méfier sérieusement d'une bande de gamins qui rançonnent les passants. Bien qu'ils n'en ont pas l'air, ces enfants sont eux aussi très dangereux et mieux vaut leur donner quelque chose à chaque fois qu'on les croise.

Si la réalisation s'avère de bonne facture (malgré une introduction un peu longue et répétitive), Hostel souffre de plusieurs défauts et exagérations. Outre l'évasion de Paxton dont on a déjà parlé, la scène de bataille des gamins à la fin est peu crédible. Le meurtre vengeur est une bonne idée mais il est accomplit peut-être un tantinet trop facilement. De plus, quand quelqu'un se suicide en se jetant sur les rails, le train ne repart pas dans la réalité à cause des procédures obligatoires. Or, ce n'est pas le cas ici. Enfin, une voiture ne peut écraser trois personnes d'un coup sans élan, même avec un puissant démarrage.

Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir. Les acteurs sont convaincants et les amateurs de gore en ont vraiment pour leur argent. Même si il s'avère assez prévisible, Hostel est un bon divertissement. Il convient toutefois de ne surtout pas le montrer aux âmes sensibles. Et surtout, il rappelle qu'il faut toujours se montrer prudent lorsque l'on voyage dans un pays étranger, exotique ou pas. Une règle d'or à ne jamais oublier.

Note : 6,5/10

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