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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Hostel 2

Hostel 2

Etant donné le succès de Hostel, Eli Roth s'est empressé de réaliser une suite. Cette fois ci, les protagonistes ne sont pas trois jeunes hommes mais trois jeunes filles. Beth (Lauren German), Whitney (Bijou Phillips) et Lorna (Heather Matarazzo) sont trois étudiantes en art. Alléchées par la jolie modèle Axelle (Vera Jordanova), elles décident de passer des vacances en Slovaquie afin de bénéficier des sources thermales de ce pays. Malheureusement pour elles, il n'y a pas que l'eau qui va chauffer une fois sur place.

Hostel 2 reprend les bases du premier volet sur de très nombreux points. On se retrouve de nouveau dans le même hôtel, dans le même sauna, dans le même dépôt... On revoit le même réceptionniste, la même bande de gamins (qui semble cependant moins nombreuse et effrayante cette fois), le même procédé pour capturer les proies... Mais rassurez vous, vous n'allez pas être lassés le moins du monde.

Hostel 2 est ce qu'on appelle une vraie suite dans le sens où il étoffe considérablement le monde du premier long métrage initial. L'Elite Hunting gagne pas mal d'épaisseur. On découvre qu'elle est beaucoup plus puissante que ce qu'on pouvait s'imaginer. En effet, si corrompre une police locale n'est peut-être si impressionnant que ça, rapporter la tête d'un prisonnier enfuit aux Etats Unis l'est assurément beaucoup plus.

Toute la ville est quasiment sous la coupe de l'Elite Hunting et travaille pour elle. On découvre en détail sa manière de travailler. Mais ce n'est pas tout. Elle possède ses propres codes très stricts et la moindre entorse aux règles est punie de mort immédiatement. Par exemple, tous ses clients doivent se tatouer son symbole comme si ils appartenaient une sorte de secte. Et gare à celui qui refuse de marquer sa peau à l'encre noir.

Parlons des clients justement. Eli Roth pousse le vice très loin puisqu'il en met deux d'entre eux parmi ses personnages principaux. Bon pères de famille, Todd (Richard Burgi) et Stuart (Roger Bart) sont des millionnaires amis qui n'ont en apparence rien à se repprocher. Ils ne semblent pas fous ni sanguinaires. Mais ils croient que leur argent les met au dessus de tout et ils veulent simplement connaître une nouvelle sensation de manière aussi naturelle qu'aller se payer une prostituée. A travers ces deux personnages, le réalisateur exprime une vraie opinion politique et démontre à quel point nous vivons dans une société cannibale sans même nous en rendre compte.

Todd et Stuart ne sont pas dénués d'intérêt malgré leurs traits très caricaturaux. Et le plus terrible des deux n'est pas forcément celui que l'on croit. Avec eux, on nous présente l'envers du décor qui ne nous était pas montré dans le premier film. On découvre que les têtes des victimes sont mises aux enchères sur internet dès leur arrivée à l'hôtel avant même qu'elles soient capturées. On s'aperçoit aussi que les clients criminels ont tout le loisir de venir les observer dans la rue et même de leur parler si l'envie leur en chante. C'est sadique. On a l'impression de voir des acheteurs regarder le mouton qu'ils vont manger demain et qui continue pour l'instant de gambader dans son pré sans se douter de rien.

En ce qui concerne notre trio de victimes, on tombe malheureusement assez dans la caricature. On a la fille avide de sexe et de drogue (Whitney) et la moche qui se sensibilise pour un rien (Lorna). Aucune des deux n'est marquante et on les oubliera très vite. En revanche, Beth a beaucoup plus de punch et nous offre une surprise à la fin décapante et bien jouissive.

Passons maintenant aux meurtres. Hostel avait su placer la barre très haut. Si Hostel 2 est un peu moins gore, ses atrocités sont cependant très réussies car elles misent beaucoup plus sur l'originalité et le symbolisme. Outre une émasculation et une attaque de chiens mangeur d'hommes, on a droit à une séquence à la limite du satanisme où une femme s'asperge du sang de sa victime. Une référence à Elisabeth Bathory, la fameuse comtesse sanglante des Balkans ?

Le côté érotique est en revanche un peu moins présent. On a l'impression qu'Eli Roth s'est fait taper sur les doigts lors de la sortie du premier long métrage car il n'ose quasiment plus dévoiler de pubis. Dans l'Amérique puritaine d'aujourd'hui, cela n'est guère surprenant. Les putes sont maintenant revêtues d'un string. Rassurez vous, elles restent quand même sulfureuses et Axelle se débrouille aussi bien que Natalya pour incarner la rabatteuse impitoyable.

La mise en scène est très maîtrisée. Bien que Hostel soit passé par là, Hostel II se révèle plein de bonnes idées et beaucoup moins prévisible que l'original. Sa photographie devient plus esthétique, on sent un budget un peu plus important. En prime, on a droit à un joli caméo au cours duquel Ruggero Deodatto joue les clients cannibales. Les fans du cinéma d'horreur apprécieront à coup sur ce clin d'oeil.

Il est assez rare que les suites surpassent le premier volume. Mais ici, c'est clairement le cas. Même si tout n'est pas parfait, il y a beaucoup moins d'exagérations que dans le volet précédent. Cet Hostel 2 se positionne parfaitement dans la continuité du précédent et c'est d'ailleurs avec plaisir que l'on retrouve Paxton (Jay Hernandez) même si il est malheureusement un peu sous exploité. Une franchise est en train de se mettre en place, bravo Eli Roth.

Note : 7,5/10

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