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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Strange Empire

Strange Empire

Traditionnellement, les héros dans les westerns sont toujours des hommes. Après tout, ce thème fait partit des plus violents du cinéma où les tireurs d'élites, les morts pour trois fois rien, les vulgarités et les ivrognes ne manquent pas. Pourtant, et si pour une fois on inversait les rôles et qu'on donnait à des femmes un revolver ? C'est l'idée qu'a eut Laurie Finstad Knizhnik lorsqu'elle a crée la série Strange Empire en 2014.

Nous sommes en 1869 à Janestown. Ce petit village du Canada est dirigé par John Slotter (Aaron Poole), un homme impitoyable qui exploite sans relâche une mine de charbon et un bordel pour faire fortune. Personne n'ose s'opposer à sa dictature hormis trois femmes que nous allons détailler dès à présent.

La première se nomme Kat Loving (Cara Gee). Cette métis amérindienne vient de perdre son mari récemment porté disparu mais ne se retrouve pas sans défense pour autant. A l'image des hommes, elle porte des pantalons, sait manier les armes à feu et se révèle bonne cavalière. Mais son comportement viril n'a d'égal que son grand cœur. On la voit au bout de quelques minutes décider d'adopter deux adolescentes orphelines afin de les sauver d'un destin de prostituée auquel la vie semblait déjà les avoir condamné.

La deuxième héroïne s'appelle Rebecca Blithely (Melissa Farman). Avec son mari (qui est aussi son père adoptif), elle effectue un voyage de noce dans le Canada. C'est une véritable érudit qui apprend la médecine, science encore interdite aux femmes à l'époque. Beaucoup plus calme et douce que Kat, elle n'en dispose pas moins d'un vrai courage et fait tout pour se rendre utile et sauver les gens.

La troisième protagoniste est plus ambiguë. En effet, Isabelle Slotter (Tattiawna Jones) n'est autre que l'épouse de John. Ancienne prostituée, c'est elle qui gère sa maison close. Un peu folle, elle sait que son comportement n'est pas parfait mais elle refuse d'admettre que son mari est un tueur.

C'est pourtant la vérité. Afin d'avoir d'autres recrues dans son bordel, John Slotter n'a pas hésité à faire assassiner les maris et pères de familles qui venaient d'arriver dans le coin. Démunis de protecteurs, ces nouvelles veuves sont ainsi plus faciles à diriger et à engager à court terme. Bien entendu, la version officielle veut que les coupables soient des indiens.

La vie est étrange dans ce coin perdu. Il y a si peu de monde que les prostituées et les femmes honorables se côtoient si allègrement qu'elles en viendraient presque à se mélanger parfois. Malgré la tyrannie de John Slotter, Janestown essaie timidement de se développer. C'est ainsi qu'un petit restaurant ouvre ses portes et que les premiers poteaux électriques se mettent en place, prémices d'un modernisme sans précédent qui frappera bientôt tout le continent.

Dans ce monde de brutes dominé par les hommes qui ne possède même pas encore de lois officielles, les femmes ne se laissent pas abattre. Elles décident d'élire Kat comme shérif. Ce choix coule de source car elle est toujours là pour empêcher un viol ou une barbarie de se commettre. Et puis, c'est le seul personnage qui a suffisamment de cran pour s'opposer frontalement à John. Du coup, même lui la respecte bien qu'ils se détestent.

Parlons à présent de la réalisation. Pas de doute là dessus, les décors sont soignés, en particulier la maison des Slotter, véritable palace au milieu de la forêt. Mais il y a un énorme problème. Cela pue le manque de moyens financiers. En effet, Janestown est incroyablement minuscule. Pas assez de rues ni de maisons n'ont été construites pour donner l'impression d'un vrai village. Même constat pour les costumes d'Isabelle par exemple. Elle porte de magnifiques robes mais seulement deux ou trois dans toute l'histoire. On voit très clairement que la série a bénéficié d'un budget riquiqui et le sentir à ce point est dommageable.

Malgré tout, la réalisatrice sait innover. Les acteurs sont presque tous des inconnus du Canada appartenant au monde du théâtre. Et bien, il faut reconnaître qu'ils se débrouillent très bien. La série révèle plusieurs talents comme Cara Gee et Tattiwna Jones que l'on prendrait plaisir à revoir dans d'autres productions.

On s'attendait à ce que Strange Empire soit un peu plus chaud et sanglant. Mais contrairement à la plupart des westerns, les morts sont peu nombreux. Kat ne tue quasiment personne, se contentant la plupart du temps de faire voler les chapeaux des messieurs d'un tir en guise d'avertissement tel Lucky Luke. Au niveau de la sensualité, c'est également assez calme. Les scènes sexuelles sont rares et trop timides. La série ne joue pas vraiment sur la plastique de ses héroïnes et c'est regrettable car cela aurait pu lui conférer un fort potentiel érotique. Le sang et le sexe font vendre, cela aurait peut-être permit de poursuivre l'aventure. Malheureusement, on ne verra pas de suite.

En effet, Strange Empire n'a pas rencontré un grand succès. A t-elle manqué de publicité à cause de sa nationalité canadienne et non américaine ? Elle ne s'est d'ailleurs pas exportée en France. En dépit de ses qualités, elle restera donc bloquée à une seule saison composée de 13 épisodes. Néanmoins, on saluera la tentative originale de Laurie Finstad Knizhnik. Au moins, sa série restera à part dans le domaine du western.

Note : 6/10

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