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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Notre Dame de Paris (1956)

Notre Dame de Paris (1956)

Notre Dame de Paris est un grand classique de la littérature française. Adapté à plusieurs reprises au cinéma, sa version la plus célèbre est celle de 1956 réalisée par Jean Delannoy. Nous sommes au 15eme siècle sous le règne du roi Louis XI. Les habitants de Paris tentent de se distraire comme ils le peuvent avec des pièces de théâtre et des jeux de carnaval. Mais ce qu'ils apprécient tout particulièrement, c'est de voir Esmeralda (Gina Lollobrigida) danser.

Venue d'Egypte, cette bohémienne sans attache aux charmes exquis déchaîne les passions les plus ardentes. Tout le monde aimerait coucher avec elle, y compris l’ecclésiastique Claude Frollo (Alain Cuny) responsable de la cathédrale Notre Dame. Un soir, ne pouvant plus réprimer son désir, il ordonne à son serviteur Quasimodo (Anthony Quinn), un être difforme qu'il a recueillit à la naissance, de l'enlever.

Mais la belle se fait sauver par le capitaine de la garde Phoebus (Jean Danet) et tombe amoureuse de lui. Elle croit avoir trouvé l'amour mais celui ci veut juste partager sa couche, pas l'épouser. Ivre de jalousie, Frollo le poignarde plus tard avant de disparaître dans la nuit. Accusée d'être une sorcière et une meurtrière, Esmeralda se voit condamnée à la potence. C'est alors que Quasimodo la sauve et l'enferme dans Notre Dame. Normalement, aucun soldat ne peut intervenir dans une église. Mais ce droit d'asile la rendra t-elle intouchable jusqu'au bout ?

La première chose qui frappe dans ce film, ce sont ses couleurs. Cette version du roman de Victor Hugo est la première à être colorisée et pour l'occasion, les producteurs ont mit le paquet. Les costumes sont très nombreux et possèdent chacun leurs propres teintures. L'histoire commence même en plein carnaval, c'est dire. La robe rouge d'Esmeralda met très bien valeur l'actrice. Certes, elle est simple et sans motif mais elle englobe tout son corps pour lui donner une fort jolie silhouette sans paraître vulgaire. Bravo.

Dans le même genre, on peut parler des décors. On est jamais bien loin de Notre Dame. La cathédrale est si omniprésente qu'on dirait presque un personnage. On la contemple sur tous les angles. La taille de ses cloches impressionne tout comme ses innombrables statues toutes plus belles les unes que les autres. On a l'impression de se trouver dans un palais sauf qu'il est vide ou presque. A noter également qu'un véritable quartier moyenâgeux a été construit pour l'occasion en studio, incluant plusieurs rues et places, ce qui a coûté la moitié du budget du film.

En ce qui concerne les acteurs, le bilan est beaucoup plus mitigé. Parlons tout d'abord des points forts. La performance de Gina Lollobrigida est exceptionnelle ! Elle porte l’œuvre sur ses épaules et s'impose sans doute comme la plus grande Esmeralda que connaîtra le septième art dans son histoire.

Malheureusement, ses partenaires ne se montrent pas à son niveau. Anthony Queen n'est pas nul mais sous ses traits, Quasimodo ressemble plus à une bête hideuse qu'à un homme. Son regard est toujours le même et il ne dégage pas beaucoup d'émotion. Son jeu est acceptable mais on était en droit d'attendre mieux de la part d'un tel acteur.

En revanche, les autres comédiens sont catastrophiques. Alain Cuny n'est pas mauvais en soit mais il n'a pas du tout la tête d'un méchant. Lui faire interpréter un personnage aussi manipulateur et pervers que Frollo constitue une énorme erreur. Du coup, il ne parvient pas à donner de l'étoffe à son rôle qui était pourtant très intéressant. Quand à Jean Danet, il est trop vieux et pas assez beau pour jouer le charmant Phoebus, à tel point qu'on peine à comprendre comment Esmeralda peut tomber amoureuse de lui.

On compte de nombreux autres personnages dans ce film comme le poète Pierre Gringoire (Robert Hirsch) et le chef de la cour des miracles Clopin Trouillefou (Philippe Clay). Cela amène des richesses supplémentaires à l’œuvre qui bénéficie de pas mal d'humour et de bons dialogues. La scène où Pierre risque la pendaison dans les bas quartiers de Paris est par exemple très amusante.

Le diagnostic est le même en ce qui concerne la réalisation. On alterne entre le très bon et le médiocre. Les scènes dans la rue sont bien retranscrites mais il n'en est pas de même pour celle où Esmeralda est torturée par exemple. De plus, les combats manquent de punch. On reste dans la retenue, ce qui est dommage. Les acrobaties de Quasimodo dans la cathédrale sont d'avantage spectaculaires. On dirait Tarzan dans sa jungle.

Esmeralda et Quasimodo sont tous deux des victimes du destin. La jeune femme aimerait tant trouver un homme qui l'aime vraiment pour elle même et pas pour son physique. Quand au bossu, il est prisonnier de ce corps hideux qui ne reflète pas la beauté et la délicatesse de son âme. Tous les deux finissent mal. Pourtant, contrairement à ce que l'on peut croire, la bohémienne ne tombe jamais amoureuse de son sauveur. Certes, elle finit par l'apprécier mais n'entame pas une relation avec lui et cherche d'ailleurs à rejoindre la cour des miracles dès que possible. Faire d'eux des squelettes enlacés à la fin est donc une idée ridicule.

Notre Dame de Paris commence très bien. Au début, on croit admirer une œuvre semblable aux glorieux péplums des années 1950. Mais au fur et à mesure du temps, le film s'essouffle. Il devient de moins en moins bon et ses défauts sautent de plus en plus aux yeux. Ce n'est donc malheureusement pas le chef d’œuvre escompté. Il garde certes une bonne note mais on pouvait s'attendre à mieux de cette adaptation.

Note : 7/10

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