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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Batman. La splendeur du Pingouin (2013)

Batman. La splendeur du Pingouin (2013)

Apparut pour la première fois en 1941, le Pingouin est l'un des plus grands ennemis de Batman. Certes, il ne paie pas de mine mais c'est un véritable parrain de la pègre fourbe, riche, cruel et très intelligent. En plus, il se montre parfois très ingénieux dans la construction de gadgets et d'engins mécaniques. Mais d'où lui vient sa méchanceté ? Quelles sont ses origines ? Pourquoi porte t-il toujours un parapluie ? Gregg Hurwitz (scénariste) et Szymon Kuddranski (dessinateur) ont décidé de raconter son histoire dans le comics que voici intitulé La splendeur du pingouin.

Dès le jour de sa naissance, Oswald Chesterfield Cobblepot connaît une enfance malheureuse. Repoussé par son père et martyrisé par ses frères aînés à cause de sa laideur, il n'a aucun ami et ne trouve un bref refuge qu'auprès des oiseaux et de sa mère. Au départ, son tempérament est doux et gentil à l'image des pigeons qu'il apprivoise. Mais les coups bas incessants de ses frangins vont finir par le forcer à adopter une nature beaucoup plus dure et sournoise.

Comme il sait qu'il n'a pas la force, il lui faut ruser. Alors qu'il n'a même pas encore 10 ans, il se débarrasse de ses frères et de son père en provoquant des accidents (repas empoisonné, chute dans la glace…). Ses stratagèmes fonctionnent tous à la perfection et il comprend qu'il est très doué dans ce domaine. C'est ainsi qu'il devient le monstre que l'on connaît.

De nos jours, on retrouve le Pingouin en train de s'interroger sur son existence à bord de son flottant La Banquise. Il sait que tout le monde le craint et qu'il peut obtenir tout ce qu'il veut d'un simple geste. Mais il a également conscience que les gens ne lui obéissent qu'à cause de son pouvoir et qu'en réalité, ils le méprisent à cause de son apparence.

Mais les choses changent soudain lorsqu'il rencontre une jeune femme aveugle nommée Cassandra. Loin de se douter de qui elle a à faire, cette infirme est rapidement séduite par Oswald qui se montre des plus délicats avec elle. Tombé amoureux, il envisage même de se marier avec elle mais reste cependant trop complexé pour lui permettre de toucher son visage.

Cette peur de révéler ses véritables traits à celle qu'il aime montre une facette plus humaine du personnage. De plus, non content de se conduire en vrai gentleman, il prend également un soin tout particulier à s'occuper personnellement de sa mère vieille et handicapée. A travers ces actes, le Pingouin montre qu'il sait faire preuve d'amour. On en viendrait presque à croire qu'il n'est pas plus méchant qu'un autre et que ce sont simplement les aléas de la vie qui l'ont poussé à devenir ainsi.

Ceci dit, le récit ne se limite pas à ça. A côté de ces bons sentiments, l'histoire nous montre à plusieurs reprises un Pingouin très cruel, puissant et susceptible. Si quelqu'un a le malheur de le contrarier ou lui manquer ne serait-ce que d'un peu de respect, il le convoque illico dans son bureau et lui annonce qu'il a détruit sa vie en tuant toutes les personnes qu'il aime. « Quand vous me froissez, me trompez, m'insultez, me raillez, ce n'est pas vous que je punis mais tous ceux qui vous entourent. Je détruis tout ce qui vous est le plus précieux. »

De plus, le Pingouin a la fâcheuse habitude de se croire au dessus des lois et de prendre tout ce qu'il veut. Ces derniers temps, il commande plusieurs vols de bijoux afin de les offrir en cadeau à sa mère et à Cassandra. Malheureusement pour lui, Batman veille au grain et va rapidement lui faire cesser ses attentats.

Cet album se termine de manière fort tragique. En effet, non content d'avoir déjà perdu sa mère morte de vieillesse dans l'histoire, Oswald tue accidentellement Cassandra dans sa fuite envers le chevalier noir. Et juste avant de mourir, la jeune femme vient de toucher malencontreusement son visage et lui avoue qu'elle le trouve très beau.

On imagine l'amertume énorme que doit ressentir notre malfrat. Pour la première fois de sa vie, il venait de trouver le véritable amour avec une femme qui l'acceptait tel qu'il est. Mais par sa faute et sa soif du pouvoir, il n'a pas su la garder et l'a poignardé lui même. Cela ressemble au châtiment qu'il fait subir à ses victimes. En perdant les personnes qui comptaient le plus à ses yeux, il s'est en quelque sorte tué lui même.

Vous l'avez compris, Batman apparaît très peu dans cette histoire. Il joue surtout le rôle de garde fou. Tout tourne autour du Pingouin. Ce récit est surtout intéressant pour son côté psychologique et ses drames humains. Il plaira sans doute beaucoup aux fans du criminel. L'action est cependant bien présente avec une attaque d'oiseaux sur Gotham malheureusement trop vite expédiée et un combat à l'ancienne entre le parrain et le justicier masqué.

Longue de 5 chapitres, La splendeur du pingouin s'avère être une belle révélation. Sans pour autant figurer parmi les classiques, c'est une histoire sympa à lire. La narration est globalement très fluide. Le trait de Szymon Kuddranski est très sombre. Ce n'est pas le plus beau qui soit mais il se marie très bien avec ce genre d'ambiance. Un seul bémol est à noter en ce qui concerne les scènes d'actions qui auraient pu être mieux retranscrites. Mais malgré tout, c'est un album de qualité.

Note : 7/10

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