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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Grizzly Park

Grizzly Park

Réalisé en 2008, Grizzly Park traite de l'histoire d'un groupe de jeunes délinquants d'une vingtaine d'années obligés de nettoyer un grand parc naturel remplis de déchets par les touristes. Ainsi, aux États Unis, pour punir les petits criminels à divers degrés d'étages, on les oblige à lutter contre la pollution. Pas mal comme idée. Malheureusement, ce projet de réinsertion va se heurter à la présence de l'un des derniers ours du coin à l'appétit particulièrement féroce et adorant par dessus tout la chair humaine.

Jusque ici, rien d'exceptionnel dira t-on. Et pourtant, les films traitant spécialement des attaques d'ours sont assez rares. Voilà qui peut paraître étrange quand on sait qu'une espèce de grizzly est sensée figurer comme le plus grand fauve aujourd'hui. Dans ce genre là, la scène dans Croc Blanc ou même l'attaque dans Rox et Rouky pourraient presque être considérées comme des références. A noter cependant que quelques ouvrages sur ces grands prédateurs existent comme Bear de John Rebel. Sans oublier surtout le chef d'œuvre de Jean Jacques Arnaud, L'Ours. Preuve donc que le marché n'est pas non plus totalement abandonné.

Mais revenons à l'histoire qui nous intéresse ici. Que dire de Grizzly Park ? Pour commencer, c'est un film remplit de longueurs inutiles et dures à avaler. Il n'est certes pas le seul, mais tout de même ! Les personnages mettent plus de dix secondes pour déclarer une phrase d'à peine cinq mots et les dialogues sont pauvres sans aucun éclat. Quand à l'action, si elle est présente et que le spectateur en a pour son argent en terme d'attaques, celles ci se concentrent quasi essentiellement dans les vingt dernières minutes du film. Pas ou peu de scène d'angoisse laissant suggérer l'approche progressive de l'ours. Le réalisateur pourrait alors essayer de se rattraper avec la vie du camp. Mais cette dernière n'a rien d'exceptionnelle. Aucune scène de sexe, de violence ou même de dispute. On a quand même à faire à un groupe de jeunes souvent récidivistes et parfois aux frontières du meurtre, encadré par un seul homme bien courageux, le ranger Bob.

Parlons en justement de ce ranger. Bien joué par Glenn Morshower, cet homme expérimenté se fait mener la vie dure par les jeunes dont il a la charge. Non seulement on ne l'écoute pas, mais en plus on lui répond, on lui ment et on lui déclare une ou deux insinuations d'un goût douteux. On vient même à lui uriner dessus à un moment donné. Et pourtant, l'officier ne bronche pas. Il se montre toujours d'un calme imperturbable et ne hausse jamais la voix. Une attitude bien sereine qui cache peut-être quelque chose, comme le révèlera la dernière scène du film.

Les autres comédiens sont d'un niveau moyen. On sent qu'ils sont hésitants pour certains dans la manière d'aborder leurs personnages. On a d'ailleurs là de tout. Un Aryen moderne au Q.I. sous développé, une blonde qui joue les bimbos et les prostituées de luxe, en passant bien entendu par une Asiatique empoisonneuse, le fils d'un riche homme d'affaires qui se croit tout permit dans la vie, et surtout une jeune fille bien sympathique sous tout rapport dont on vient à se demander la raison de sa présence ici.

Des CV peu recommandables sur le papier. Pourtant, la plupart de ces personnes ont des visages d'anges. Ils ne prononcent pas de gros mots et ne montrent pas une attitude excitée ou même nerveuse. On peut donc penser que ce n'est pas là le portrait type d'une bande de voyous, surtout dans une pareille situation. En conséquence, le film perd là beaucoup en crédibilité.

Hormis le ranger Bob, il y a tout de même un autre homme atteint d'un âge mur. Et, tenez vous bien, ce n'est autre qu'un tueur en série qui a prit la place d'un autre officier pour cette aventure. Sans doute comptait-il éliminer tous ces jeunes les uns après les autres. On a donc à faire à une seconde menace tout aussi sérieuse que celle de l'ours. Voilà une bonne idée qui rehausse le niveau du film (enfin). Malheureusement, elle sera sous exploitée car le meurtrier périra sans tarder des griffes du fauve en étant sa première (et sa plus coriace) victime.

Mais nous n'avons jusque ici pas vraiment évoqué le cas de l'ours, ou si peu. Il est temps de corriger le tir. Tout d'abord, il convient de savoir que le grizzly utilisé est bien réel et non pas issu d'une maquette, même si on peut supposer le contraire sur quelques plans qui figurent d'exception. Un bon choix de la part du réalisateur car le fauve apparaît évidemment plus crédible. Et même si ses techniques de chasse feront grincer les dents des spécialistes de cet animal, on a pas envie de se battre avec lui (dicton du ranger Bob).

Les attaques sont assez nombreuses. Pour preuve, l'ours a une dizaine de proies à sa disposition et il ne va pas se priver pour toutes les chasser. Certains assauts demeurent violents et satisferont les amateurs de gore. Tête tranchée, bras arrachés et même un corps coupé en deux sont au programme. Évidemment, nous voyons tout dans les détails. Et dire que le réalisateur ne nous dévoile même pas l'ombre d'un sein lorsque une fille se lave alors qu'il se permet ceci. Ah, la censure...

Certaines offensives atteignent tout de même une crédibilité seulement très moyenne. Parfois, personne n'entend l'ours et on a pas le temps de dire ouf qu'il a déjà éventré quelqu'un. Ce n'est tout de même pas une panthère pour se camoufler comme ça ! Surtout qu'il ne rencontre quasiment aucune résistance. On ne peut pas dire que les victimes sont malines ou combattent pour sauver leurs peaux. Au contraire, elles se résignent presque à la mort tout de suite. Dommage.

A noter enfin que hormis l'ours, un autre prédateur va faire une apparition aussi brève que inutile. Il s'agit d'un loup qui attaque une jeune femme au lieu de s'acharner sur un jeune homme déjà blessé. Notre cher ami canis lupus n'attaque quasiment jamais l'homme. Ce film est un divertissement, donc on peut ignorer cette règle. Mais cet assaut est banal et ne nous montre rien du tout. A oublier, donc.

Certains n'apprécient pas la bande son. Pour ma part, j'ai bien aimé la mélodie toute innocente qui accompagne le film parfois. Sur certaines scènes, de bonnes astuces sont employées mais elles se révèlent classiques et prévisibles. En revanche, le dénouement avec les deux dernières scènes (surtout la dernière) est intéressant et rehausse le niveau. Grizzly Park est un film très moyen qui ne se démarque nullement des autres mais qui aurait peut-être mérité mieux avec plus de talents aux commandes. Une œuvre qui ne restera pas dans les anales, c'est sur.

Note : 4/10

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