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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Vae Victis Tome 2 : Cloduar, je me nomme Légion

Vae Victis Tome 2 : Cloduar, je me nomme Légion

Tandis que la guerre des Gaules commence, nous faisons un peu mieux la connaissance de Cloduar. Ce géant gaulois est un garde du corps qui loue ses services au plus offrant mais qui est souvent malchanceux. Fort, fier mais aussi brutal, il est lui aussi tombé sous le charme d'Ambre avant que Garak ne la lui dérobe au cours du tome précédent.

Alors qu'il escorte quelques marchands sur les routes, Cloduar rencontre Celtill, le prince de Gergovie. Son père le roi a été évincé par son oncle Gobanicio et une assemblée de nobles. Après avoir assisté à l'exécution de sa famille, le jeune homme jure de récupérer son dû un jour. Et même si ses partisans sont très peu nombreux, Cloduar se range de son côté, ce qui en fait un allié de poids pour la suite.

Pendant ce temps, les troupes de César remontent le Rhone jusqu'à Lugdunum (Lyon) et commencent à affronter les Helvètes qui envahissent les peuples voisins. Voyant la route coupée en direction du sud, leur chef Nammeios décide de remonter au nord et de demander l'aide des Héduens. Or, ces derniers sont depuis longtemps des alliés naturels des Romains.

Vous l'avez compris, la géopolitique joue un rôle fondamental dans ce récit et commence déjà à se compliquer. Marié à la noble helvète Frida, le chef des Héduens Dumnorix ne sait trop quel camp choisir. En apparence, son choix se porte sur les Romains. Pourtant, il ne leur vient curieusement pas en aide lors d'une bataille.

En apprenant ça, César est furieux. Lui qui pensait conquérir la Gaule facilement en jouant sur les querelles intestines de ses différentes tribus découvre que les Gaulois n'ont aucune discipline. Bien que féroces guerriers, on ne peut guère leur faire confiance sur un champs de bataille car ils peuvent ruiner toute une tactique en un temps record. De plus, même si ils ne s'apprécient guère entre eux, certains préfèrent s'allier plutôt que se ranger du côté des Romains qu'ils appellent « les petits hommes du sud ».

Et Ambre dans tout ça ? Toujours captive des Helvètes, elle suit l'évolution du conflit autant que possible et est toujours amoureuse de Garak. Celui ci est de plus en plus maltraité après sa tentative d'évasion. Mais on commence à avoir des doutes sur la pureté de ses intentions. En réalité, il se pourrait bien que l'or du chariot romain l'intéresse beaucoup plus que les beaux yeux d'Ambre.

Milon est beaucoup plus gentil. Ce descendant des Etrusques a des dons de divination et voit parfois l'avenir. Pas rancunier envers Cloduar qui l'a tout de même poussé dans l'eau froide et écarté d'Ambre, il semble sincèrement éprit de la jeune fille et cotoie à présent César. Mais peut-être est-il un espion à la solde de Pompée qui sait ?

Les auteurs avaient placé la barre haut d'entrée dès le tome 1. Mais on constate que ce second numéro comble toutes nos attentes. Il est moins porté sur l'érotisme et plus sur les combats. Cela est logique puisque son narrateur n'est pas Ambre mais Cloduar cette fois ci. Ce procédé nous permet d'aborder l'histoire en fonction des différents points de vues des personnages comme si on lisait leurs souvenirs enfouis dans des journaux intimes. C'est une bonne idée.

Le scénario est complexe et toujours bien maîtrisé. De nombreux personnages apparaissent et on ne peut guère deviner à l'avance si ils vont vivre longtemps ou rester seulement quelques pages. Beaucoup de personnages sont charismatiques, dont César bien entendu. Néanmoins, ce dernier est peut-être présenté sous des traits un peu trop vieux. Il n'a que 42 ans en -58. Or, il en paraît 10 de plus.

Commencée en 1991, Vae Victis a tout pour devenir une grande fresque historique. Elle mériterait même d'être adaptée en série télévisée et pourrait alors conquérir un public beaucoup plus large, incluant sans doute les fans de Game of Thrones. Bravo messieurs Simon Rocca et Jean Yves Mitton, c'est de l'excellent travail !

Note : 8,5/10

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