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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Le Titanic (1996)

Le Titanic (1996)

Le Titanic est le naufrage le plus célèbre, le plus tragique et le plus romantique de tous les temps. Derrière l'arche de Noé, c'est peut-être même le bateau le mieux connu dans l'Histoire. En plus, son récit prend place au début du 20eme siècle dans une époque très proche de la notre. Il est donc normal que plusieurs films soient consacrés à ce roi des paquebots prématurément enterré sous les flots. Parmi eux, Le Titanic réalisé en 1996 par Robert Lieberman.

En 1912, un navire géant défraie la chronique par sa taille gigantesque et son luxe démesuré. Réputé insubmersible, ce bateau est à la pointe des progrès technologiques et il impressionne la planète entière. Une énorme publicité l'accompagne pour son voyage inaugural, rallier Southampton à New York en moins d'une semaine. Plus de 2000 passagers sont à bord. Pour certains, cette traversée est l'occasion de commencer une nouvelle vie et d'aller chercher fortune en Amérique. Pour d'autres, ce n'est qu'une simple croisière. Mais tous devront subir le même destin tragique lorsque le bateau coulera quelques jours plus tard après avoir heurté un iceberg.

Produire un tel film peut se révéler délicat car le spectateur en connaît déjà la fin. On sait précisément comment et à quelle heure ce joyau des mers a coulé dans l'océan. C'est donc tout à fait inutile de jouer la carte du suspense. En revanche, il s'avère tout à fait intéressant de décrire la vie à bord et de montrer progressivement comment les personnages vont petit à petit passer d'un état d'insouciance et de joie à celui d'une peur bleue sans précédent pour leur vie. En effet, quand on est sur un navire réputé insubmersible, il faut beaucoup de temps à certains pour admettre qu'il va couler, même après avoir de l'eau jusqu'aux chevilles.

Robert Lieberman a décidé de couper son œuvre en deux parties longues chacune de 90 minutes. Pendant la première, il prend tout son temps pour mettre en place le cadre de l'action et nous présenter les personnages. Tout comme eux, on se sent rapidement si bien à bord du Titanic qu'on a aucune envie qu'il coule. Mais on ne peut évidemment empêcher l’inévitable. C'est donc ensuite impuissant que l'on assiste à la triste fin de ce paquebot au cours d'une deuxième partie plus sombre et attendue.

Les personnages sont nombreux et classés selon leur ordre social. Ce paquebot contient les hommes les plus riches du monde et il paraît donc tout à fait naturel que l'on assiste à plusieurs dîners mondains. Loin de nous sembler antipathiques et hautains, plusieurs de ces gros bourgeois gagnent notre attachement et notre respect. C'est le cas notamment de Isabella Paradine (Catherine Zeta Jones) et Wynn Park (Peter Gallagher). Amants durant leur jeunesse, ils auront tout le loisir de retrouver leur ancienne passion pendant la traversée. On pourrait aussi citer John Jacob Astor (Scott Hylands), l'homme le plus riche du monde.

A l'étage inférieur, une autre romance un peu plus intéressante se développe. Une jeune protestante convertie nommée Osa (Sonsee Ahray) s'éprend de Jaime Pierce (Mike Doyle). A son contact, ce vaurien décide de changer pour devenir quelqu'un de bien et faire du cinématographe une fois au Nouveau Monde. Le problème, c'est qu'il est dans le même temps influencé par Simon Doonan (Tim Curry), un homme malveillant qui se sert de son costume d'officier de marine pour commettre de nombreux vols et larcins.

N'oublions pas non plus l'équipage. Il est dirigé par Edward Smith (George Scott). Ce commandant tout proche de la retraite ressemble à un gentil grand-père qui veille tendrement sur une gigantesque famille. Apprécié de tous, il est le marin le mieux payé du monde et l'océan n'a plus de secret pour lui. Cependant, il préconise la prudence contrairement à Bruce Ismay (Roger Rees). Président de la compagnie à laquelle appartient le Titanic, il ne cesse d'ordonner d'augmenter la vitesse de navigation afin de battre les records de l'époque. Pour beaucoup, cet excès de zèle fait de lui le grand responsable du naufrage.

On ne s'ennuie donc pas à bord et la collision avec l'iceberg ne se fait pas du tout attendre. Lorsqu'elle survient, aucun passager n'a encore conscience de sa dangerosité et la vie continue de suivre son cours tranquillement pendant un petit moment. Seul l'équipage connaît la vérité et il cherche à tout prix à la cacher pour éviter une panique générale. Malheureusement, ses appels de SOS demeurent vains. Le paquebot va couler et comme il se trouve isolé en mer sans autre navire pour le secourir et qu'il ne possède pas à son bord d'assez de canots de sauvetages, la plupart de ses passagers sont condamnés à mourir noyés. Ce n'est plus qu'une question de minutes.

C'est là que le bas blesse. Normalement, la chute du bateau doit être le moment crucial, l'apothéose, le clou du spectacle d'un tel film. Ce n'est malheureusement pas le cas ici. Les effets spéciaux s'avèrent plutôt décevants. Les personnages restent trop calmes et certains sont même résignés à leur sort. Ce n'est pas mal fait mais disons que ce n'est pas aussi bien fait qu'on l'espérait. Dès l'année suivante, James Cameron comblera ce manque dans sa propre version du mythe en montrant sous nos yeux ébahis une haletante lutte pour la survie de la part de ses héros. Mais nous en parlerons dans un autre article.

Le Titanic de Robert Lieberman voit donc sa première partie meilleure que la première. Notons que le personnage fictif de Simon Doonan apporte un vrai plus car ce véritable vautour voleur et violeur est obsédé par l'argent et ne pense qu'à dérober les biens des autres jusqu'au dernier moment. C'est l'antithèse des autres hommes. En effet, il n'hésite pas à embarquer dans un canot lâchement travestit en femme alors que de nombreux milliardaires préfèrent se laisser mourir dignement dans la mer plutôt que d'empêcher une fille pauvre d'essayer de s'en sortir. Quel dommage que sa mort soit bâclée (un simple coup de rame à la tête).

Comme nous pouvons le voir, le casting est prestigieux mais assez inégal. En effet, certains acteurs sont des stars tandis que d'autres ne feront pas une grande carrière au cinéma. Notons que la réalisation se veut très proche de la réalité historique sans en rajouter. Il manque peut-être un peu de sensationnel là dedans.

Si Le Titanic de Robert Lieberman demeure loin d'égaler la version de James Cameron faute de budget, c'est néanmoins un film honorable très plaisant à voir. Peut-être est-il cependant un peu trop long. Ses deux parties sont inégales, la première étant bien meilleure. Malgré tout, on saluera l'intention du réalisateur qui nous a présenté une véritable dissection de la société anglaise de l'époque au cours de ce voyage. Belle œuvre.

Note : 7/10

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