Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Kirikou et Karaba la sorcière

Kirikou et Karaba la sorcière

Connaissez vous quelqu'un qui parle dans le ventre de sa mère, s'infante tout seul et court super vite dès la naissance ? Il s'agit de Kirikou bien sur ! Cet enfant aussi minuscule que courageux et rapide vit dans un village en Afrique oppressé par la sorcière Karaba. Entourée de robots appelés fétiches, cette femme règne sur les environs d'une main de fer.

Mais qui est-elle vraiment ? Pourquoi est-elle méchante ? D'où lui vient ses pouvoirs ? Mange t-elle vraiment ceux qui tentent de la combattre ? Kirikou se pose sans cesse ces questions. Il va donc souvent se frotter à elle au péril de sa vie et se révéler malgré sa petite taille bien plus efficace que tous les grands guerriers de son village tombés au combat.

Ce film d'animation se décompose en deux parties. Durant la première, Kirikou fait connaissance avec son environnement, déjoue les pièges de Karaba et parvient à résoudre le problème de la source du village que l'on croyait tarie à cause de la sorcière. Ses exploits lui attirent les foudres de son ennemie. Mais ce n'est pas suffisant à ses yeux. Ce qu'il veut par dessus tout, c'est la connaissance sur cette femme.

Sa mère lui dit un jour que son grand père pourrait répondre à ses questions. Mais ce sage vit dans la montagne située derrière le domaine de la sorcière. Et la frontière est malheureusement bien gardée par une armée de fétiches, dont un qui tel un téléscope peut voir une fourmi à l'autre bout de la savane.

A priori, il semble impossible de franchir cet obstacle. Mais Kirikou ne se décourage pas et a l'idée de passer sous terre en utilisant un terrier de lapin. C'est le début d'un grand voyage souterrain où il fera de nombreuses rencontres animales avant d'atteindre son but.

Cette seconde partie est encore plus intéressante et originale que la première. Evidemment, aucune bête n'a construit une galerie traversant tout le domaine de la sorcière. Kirikou doit donc s'employer à creuser lui même son chemin avec un poignard. Un travail épuisant qui semble sans fin et qui pourrait bien le rendre complètement perdu dans les profondeurs de la terre.

Mais heureusement, notre petit gaillard parvient à s'en sortir. Et après s'être prêté à une course poursuite dans la montagne avec un phacochère bien moins sympathique que Pumba du Roi Lion, il pénètre dans la grande termitière, maison de son grand père.

Ce dernier lui apprend que Karaba n'était pas méchante autrefois. Mais un jour, des hommes lui ont planté une épine empoisonnée dans le dos. Source de douleur perpétuelle, cet objet est la cause de sa méchanceté et de ses pouvoirs. Voilà donc l'explication. A présent, Kirikou se fixe un nouvel objectif. Arracher son épine à la sorcière et lui rendre sa bonté.

Après cet exploit, on pense s'arrêter là. Mais le film réserve une surprise de taille aux spectateurs. En effet, une fois redevenue gentille, Karaba embrasse Kirikou pour le remercier. Aussitôt, un miracle se produit. Notre enfant chétif grandit et se transforme d'un coup en superbe jeune homme. A présent, les deux anciens ennemis décident de se marier. Mais le retour au village ne va peut-être pas se dérouler si facilement que prévu.

Je ne vais pas en dire d'avantage sur l'intrigue. Grand divertissement pour les enfants, Kirikou et Karaba la sorcière est aussi un régal pour les adultes. On y voit plusieurs phénomènes sociaux réalistes assez tristes. Par exemple, en dépit de tous ses exploits, Kirikou n'est pas toujours accepté à 100% par les villageois. Il a beau sauver la vie des enfants, cela n'empêche pas ceux ci de le railler et se moquer de sa taille. Parce qu'il est différent des autres, il ne sera jamais honoré comme un vrai héros, ce qui est injuste à son égard.

Mais ce n'est pas tout. L'analogie la plus parlante est celle concernant l'épine de Karaba qui est en réalité une métaphore d'un viol collectif adaptée aux enfants. La sorcière est bien moins cruelle que beaucoup d'autres personnes et on comprend son comportement après avoir subit un tel traumatisme. D'ailleurs, elle gagne beaucoup en sympathie une fois libérée de sa malédiction.

Quelque chose saute aux yeux lorsque l'on visionne ce film, c'est la nudité des personnages. Les enfants ne possèdent aucun vêtement, pas même un cache sexe. Quand aux femmes adultes, elles sont torses nues, ce qui laisse apparaître constamment leurs seins. Rassurez vous, ce n'est pas dérangeant et en aucun cas érotique. Mais on peut s'étonner que cela n'ait pas provoqué quelque scandale ou nuit au succès du film. Il en serait peut-être autrement aujourd'hui.

Les dessins sont très beaux. L'animation souffre d'un manque de budget mais se débrouille pour être de qualité et poétique. Le rythme de la narration est quand à lui très fluide. Réalisé par Michel Ocelot, Kirikou et Karaba la sorcière a rencontré un grand succès lors de sa sortie en 1998. Ce conte africain original en tout point est devenu immédiatement un classique à voir pour tous qui n'a rien à envier aux films des studios Disney.

Note : 8/10

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article