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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Batman. Noël (2011)

Batman. Noël (2011)

Adapter le récit Un conte de noël de Charles Dickens dans une bande dessinée de Batman, c'est l'idée un peu folle qu'a eu le scénariste et dessinateur Lee Bermejo en 2011. Ici, Scrooge n'est autre que Batman. Aigri par sa lutte sans fin contre le crime, le chevalier noir adopte un comportement de plus en plus dur, renfermé et violent. Obsédé par sa quête, il néglige sa santé et n'hésite pas à utiliser des moyens peu glorieux pour capturer le Joker, notamment celui de se servir d'un gentil père de famille pauvre et de son fils malade comme appâts.

Certes, l'homme prénommé Bob a commit une erreur en acceptant de travailler à la solde du Joker mais il a fait cela uniquement pour nourrir son fils Tim. En l'empêchant de transférer de l'argent liquide d'un point à un autre dans un sac et en le laissant s'enfuir, Batman espère bien que le Joker ne tardera pas à sonner chez lui pour le punir de son échec à sa façon. Et tant pis si ça traumatise à vie le pauvre gamin en question.

Là, on va trop loin. Tout comme Scrooge, Batman devient obnubilé par son but à atteindre, et ce peu importe les moyens. Se faisant, il perd en humanité. Et tout comme le riche millionnaire, il va recevoir trois visites le soir de noël afin de tenter de l'adoucir un peu avant qu'il ne soit trop tard et qu'il ne commette un jour l'irréparable.

Évidemment, Batman ne rencontre pas des fantômes. Mais il croise d'abord la route de Catwoman. Refusant au départ ses jeux, il finit par céder à son charme. En le provoquant, l'intrépide jeune femme lui rappelle son passé à une époque où ses aventures étaient moins sombres et où il passait de bons moments avec Robin par exemple.

Ensuite, Batmam reçoit la visite de Superman. Avec une profonde douceur, le Kryptonien lui fait comprendre que son comportement est sur la limite et qu'il vaudrait mieux qu'il se calme et rentre chez lui se soigner plutôt que de s'acharner sur le Joker au risque d'attraper une violente pneumonie. Mais ce n'est pas tout. L'homme d'acier lui montre aussi qu'il faut garder espoir envers les humains, notamment dans les situations difficiles.

Enfin, la troisième visite n'en est pas vraiment une. Affaiblit par sa grippe, Batman se fait surprendre par le Joker. Laissé pour mort, il est traîné jusqu'à un cimetière et enterré par le fou sadique mais sa conscience reste en éveil. Ainsi donc comme le véritable Scrooge, le chevalier noir voit sa propre sépulture de son vivant.

Cette fois s'en est trop ! Guérit miraculeusement, il s'extraie de sa tombe tout seul et se rend illico chez Bob. Son plan a marché comme prévu. Le Joker s'est bien rendu sur place afin de se venger du pauvre malheureux et le tuer sous les yeux de son fils. Heureusement, Batman intervient juste à temps. Prit par surprise, le fou sadique n'a pas le temps de se défendre qu'il se retrouve neutralisé et en prison.

L'histoire ne s'arrête pas là. Apaisé, Batman comprend qu'il a eu tord en faisant prendre bien trop de risques aux membres cette pauvre famille sans défense. Pour se racheter, il leur lègue une importante somme d'argent afin d’améliorer leur train de vie. A présent, tout comme dans le conte original de Charles Dickens, la maladie du petit Tim sera guérie et l'enfant pourra désormais passer de vrais joyeux noëls avec son père.

Cette histoire est assez bouleversante. Mais si l'idée de départ semble bonne, il faut reconnaître qu'elle est un peu tirée par les cheveux. Pour commencer, on a l'habitude de voir en Batman un personnage torturé et obsédé dans son périple contre le crime. C'est ce qui fait en partie sa force. Cela ne sert donc à rien de le guérir. Sans son côté bestial et terrifiant, Batman ne serait plus Batman. Cette histoire au final ne sera qu'un one shot sans aucune conséquence pour lui alors que dans le conte de Charles Dickens, elle a totalement transformé Scrooge.

Autre aspect, les métaphores sont discutables. Le message de Catwoman n'est pas très clair. Quand à celui de Superman, il est bien amené car il fait également intervenir le commissaire Gordon. En revanche, si l'homme d'acier n'était pas loin, on se demande pourquoi il n'a pas entendu l'explosion du Joker qui a piégé Batman tout de suite après qu'il l'ait déposé à sa voiture.

Enfin, on se demande aussi comment Batman a pu sortir de sa tombe et réapparaître en pleine forme après avoir été laissé pour mort. Il n'a pourtant reçu aucune aide extérieure et peu de temps s'est écoulé entre les deux scènes. Cela reste un mystère peu crédible. Ajoutons à cela que le combat final entre le Joker et le chevalier noir est très décevant et dure à peine deux pages. On en espérait un peu plus après l'avoir attendu à l’affût si longtemps.

Ce récit se cherche un peu et se perd dans de futiles longueurs. Sa narration est surprenante. En effet, on nous le raconte comme si un père lisait une histoire à son fils avant de se coucher. C'est un peu déstabilisant. En revanche, et c'est là le gros point fort de cette histoire, les dessins sont magnifiques. Il faut vraiment insister là dessus. Chaque case de Lee Bermejo est très travaillée et riche en détails. On sent là la patte d'un vrai professionnel. Et ça, ça force le respect.

Cet album indépendant ne restera pas dans les anales. Il n'apporte quasiment rien à la légende du chevalier noir. En revanche, on peut saluer cette prise de risque même si ce n'est pas une grande réussite. Lee Bermejo possède un talent certain et il peut très probablement nous concocter des œuvres magistrales sur les super héros bientôt.

Note : 5/10

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