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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

The White Queen

The White Queen

On a coutume de dire que la France possède la plus belle histoire du monde. C'est peut-être vrai mais celle de l'Angleterre n'est pas mal non plus. Certains épisodes sont particulièrement romanesques, notamment celui de la guerre des roses. Il paraît donc normal de voir tôt ou tard une série broder dessus. Elle s'intitule The White Queen.

L'histoire commence en 1464. Deux familles nobles se disputent le trône, les Lancastre et les York. Représentés par Edward IV (Max Irons), ces derniers ont prit l'ascendant. Ce jeune roi aussi bon avec le peuple que fort au combat semble très prometteur, surtout qu'il est entouré du redoutable lord Warwick (James Frain). Mais tout va changer suite à sa rencontre avec Elizabeth Woodville (Rebecca Ferguson).

Issue de la petite noblesse, cette veuve a déjà deux enfants de sa précédente union, appartient à l'origine au camp adverse et est plus agée que son souverain. Pourtant, celui ci tombe éperdument amoureux d'elle, au point de l'épouser en secret puis de la ramener à sa cour en tant que reine d'Angleterre.

Pour son entourage, c'est le choc. Pour Warwick qui souhaitait marier Edward IV à une princesse de France afin de nouer la paix entre les deux pays, c'est même un affront. Le puissant conseiller et Elizabeth vont rapidement se détester, menant des guerres d'influence auprès du roi. Cela va conduire le lord à se révolter contre son souverain, ami et disciple. Dès lors, les intrigues et complots ne vont cesser de se multiplier en Grande Bretagne.

Outre Warwick, le couple royal ne manque pas d'adversaires de renoms. Il y a tout d'abord Marguerite d'Anjou (Veerle Baetens), la chef du parti Lancastre et l'épouse du roi fou Henri VI (David Shelley). On se méfie aussi beaucoup de George (David Oakes), le frère d'Edward IV qui multiplie les trahisons chaque fois que l'occasion se présente. Mais la plus terrible de tous est sans doute Margaret Beaufort (Amanda Hale). Cette femme pieuse et fidèle aux Lancastre est prête à tout pour que son fils unique Henri Tudor (Michael Marcus) devienne un jour roi d'Angleterre, et ce bien qu'elle n'en ait pas la garde.

Cette série possède une base historique solide et un grand nombre de personnages. Beaucoup d'entre eux meurent, ce qui fait qu'on peut trembler pour eux à chaque scène. Peu sont réellement méchants, ils ont simplement leurs raisons pour commettre leurs actions. Même si elle est présentée comme l'héroïne, Elizabeth ne paraît pas plus sympathique qu'une autre. Parfois froide et déterminée voire haineuse, elle attire moins d'attachement que Richard (Aneurin Barnard). Deuxième frère du roi Edward IV, cet homme bien que très doux et intègre au début finira par devenir son ennemi à son tour.

En cette fin de Moyen Age, on est tenté de croire que ce sont les hommes qui contôlent tout. C'est officiellement le cas mais sous cape, les femmes influencent souvent leurs maris, intrigant et tirant les ficelles dans l'ombre. A ce petit jeu là, certaines se montrent plus douées que d'autres. Hormis celles dont on a déjà parlé, on peut aussi citer Anne Neville (Faye Marsay), fille de Warwick. Mais la meilleure de toutes est probablement Jacquetta Rivers (Janet Mc Teer). Mère d'Elizabeth, cette femme est aussi sorcière à ses heures perdues et emploie plusieurs sorts pour aider sa fille, provoquant une tempête en pleine mer par exemple.

Sortie en 2013, The White Queen comprend 10 épisodes longs d'environ 1 heure chacun, ce qui est un peu plus que la moyenne des autres chapitres de séries. Néanmoins, on ne s'ennuie pas un instant et il n'y a quasiment pas de longueurs inutiles tant il se passe de choses. En même temps, cette histoire se déroule sur plus de 20 ans (1464-1485). Les péripéties sont donc logiquement nombreuses.

En ce qui concerne la réalisation, c'est très bon. Le casting comprend plusieurs acteurs confirmés que l'on a déjà croisé dans d'autres fictions historiques comme James Frain (Les Tudors) ou David Oakes (Les Piliers de la Terre). Les reconstitutions sont très belles, surtout celle du château de Warwick. Pour autant, on ne verse pas dans le trop fastueux. C'est un savant dosage signé Emma Frost.

On compte cependant quelques défauts. Henri Stafford (Michael Maloney) se montre beaucoup trop tolérant envers sa femme Margaret qui frôle l'adultère avec Jasper Tudor (Tom McKay), surtout pour l'époque. Les personnages abusent des lettres. On a l'impression qu'ils se partagent les nouvelles aussi rapidement qu'avec le téléphone, ce qui est bien évidemment impossible. Enfin, les scènes de bataille ne sont guère impressionnantes et manquent de figurants.

Tiré des romans de Philippa Gregory, The White Queen rappelle également les livres de Mireille Calmel. C'est une magnifique série tragique pour tous ceux qui aiment l'histoire et veulent découvrir le conflit de la guerre des deux roses pas assez connu en France. Bravo !

Note : 8/10

 

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