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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

La Guerre des trois Henri Tome 1 : Les Rapines du duc de Guise

La Guerre des trois Henri Tome 1 : Les Rapines du duc de Guise

Nous sommes en 1585. Treize ans après le massacre, le spectre de la Saint Barthélémy reste toujours présent dans les esprits. Il se murmure à Paris que les protestants huguenots veulent mettre en place une boucherie similaire afin de se venger. Pour éviter cela, de nombreux bourgeois se rallient du côté de la sainte union. Malheureusement, orchestrateur de cette ligue catholique, le duc Henri de Guise, a surtout l'intention de s'en servir afin de détrôner le roi Henri III. Et, pour s'y aider, il n'hésite pas à organiser un vaste rapinage des tailles.

Olivier Hauteville est le fils d'un contrôleur des tailles. Son père vient de se faire assassiner alors qu'il s'apprêtait à démasquer la fraude. Aidé de son ami Nicolas Poulain, lieutenant de prévôt et espion de la ligue au service du roi, il va reprendre les travaux de son paternel dans le but de découvrir la vérité. Au cours de son enquête, il va tomber amoureux d'une jeune fille protestante prénommée Cassandre qui compte bien reprendre l'argent pour l'offrir à son roi Henri de Navarre, futur Henri IV.

Jean d'Aillon nous propose ici avec ce premier livre le début d'une trilogie sur les guerres de religion intitulée La guerre des trois Henri. Cette époque particulière de la période moderne figure parmi les plus sanglantes de l'histoire de France, notamment pour son terrible massacre bien détaillé ici.

Dans ce premier tome, Jean d'Aillon nous dresse le portrait de Paris à la fin du XVIème siècle. C'est l'occasion d'en apprendre beaucoup sur la société de l'époque, les rapports entre les gens et leurs fonctions. Bien entendu, on constate que tout est très hiérarchisé. Les domestiques n'ont aucune autonomie. Il n'ont que peu de liberté de parole mais se montrent entièrement dévoués à leurs maîtres dans toutes sortes d'opérations. Les bourgeois sont nombreux dans la capitale et constituent une force symbolisée par la sainte union. Quand aux nobles, ils occupent de hautes places dans les deux camps. Le marquis François d'O, disgracié aux yeux de la Cour, est en réalité l'un des grands appuis de Henri III qui le surnomme son grand économiste.

L'action du livre se déroulant presque toujours à Paris et ses alentours, on y croise peu de protestants. Ils représentent d'avantage une menace factuelle que réelle dont les Guise veulent se servir pour prendre le pouvoir. C'est d'autant plus facile qu'Henri III est présenté comme un roi faible. A nuancer cependant. Si il manque fortement d'autorité et de poigne, il finit par écouter ses gens, certes trop tardivement. La fin du roman laisse entendre qu'il est plus intelligent et souple d'esprit qu'il n'y paraît.

Les Rapines du duc de Guise peut être découpé en deux parties. Dans la première, c'est la présentation des nombreux personnages, de la situation à l'époque et de la découverte progressive des impôts détournés. Il s'y passe relativement peu d'actions et on avance lentement tant Jean d'Aillon y met du sien pour nous expliquer les mécanismes aux yeux de ses différents héros. Toutefois, l'auteur possède une belle plume, ce qui ne rend pas la lecture difficile ou pesante.

La seconde partie est un peu plus courte mais surtout plus intéressante. Riche en actions, en tromperies, en retournements de situations et en révélations. Olivier Hauteville parvient à ses fins mais il se voit trahit par celle qui l'aime. Cassandre est protestante, lui catholique. Elle l'a toujours trompé dans l'intérêt de son père et de son roi mais cela lui a beaucoup coûté d'un point de vue sentimental. Cette seconde partie est aussi beaucoup plus emprunte de tensions. Il faut dire que le duc de Guise est maintenant prêt et met tout Paris en émoi.

Les personnages du roman sont nombreux. Il est parfois un peu difficile de savoir avec certitude dans quel camp ils sont mais cela est possible car Jean d'Aillon le répète suffisamment au cours de ses 560 pages. On peut toutefois dire quelques mots sur les plus importants.

Olivier Hauteville est un jeune homme ordinaire fils de bourgeois. Orphelin à la mort de son père, il va grandir peu à peu tout au long du livre. Il devra durcir son cœur, se montrer malin et même se transformer en homme d'action quand besoin est. En cela, il sera bien aidé par Nicolas Poulain qui agira comme un grand frère et protecteur à son égard. Homme vertueux et désintéressé, il est difficile de lui trouver des défauts dans ce premier tome. On pourrait en dire autant du marquis d'O, fin politique qui n'hésite également pas à manier l'épée quand il se doit. Cassandre apparaît comme une jeune fille innocente. Il lui en coûtera beaucoup de mentir sans arrêt mais elle parviendra à tenir son rôle jusqu'au bout. Dans un certain sens, c'est elle qui sort victorieuse de ce premier tome en s'enfuyant de Paris avec tout l'argent des rapines.

Au niveau des critiques, on peut regretter qu'il manque de personnages féminins. L'amour de Cassandre et Olivier est trop plat pour compenser à lui seul ce manque. On peut regretter aussi l'impuissance de Maurevert. Ce seigneur commandé par Mayenne d'exécuter Olivier est présenté comme un effroyable meurtrier. Surnommé « le tueur des rois », il fut le déclencheur de la Saint Barthélémy. Pourtant, il tentera peu d'actions contre la maison Hauteville et les échouera toutes. On attendait mieux d'un assassin de cette trempe.

Quoi qu'il en soit, Les Rapines du duc de Guise se révèle comme un très bon roman historique où on apprend de nombreuses choses. L'écriture est bien maîtrisée même si la seconde partie est tout de même bien supérieure à la première. Ce livre possède des conclusions ouvertes et on a grand hâte de retrouver Poulain, Hauteville et Cassandre afin de découvrir où ils vont nous emmener dans le tome 2.

Note : 7,5/10

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