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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

It follows

It follows

Les maladies sexuellement transmissibles font peur, les fantômes aussi. Et si on combinait les deux pour créer un film d'horreur ? C'est l'idée pour le moins étrange qu'a eu David Robert Mitchell en réalisant It follows en 2014. Nous suivons l'histoire d'une jeune fille nommée Jay Height (Maika Monroe). Après avoir couché avec un garçon de son age, elle hérite d'un singulier pouvoir. Elle peut désormais voir un esprit invisible à tous les autres humains. Mais ce n'est pas une bonne nouvelle car cette créature n'aspire qu'à une seule chose, la tuer. C'est le début d'une course poursuite qui durera pendant tout le métrage.

Dans toute l'histoire du cinéma, nous n'avons sans doute jamais vu un monstre pareil. Cette chose n'a pas vraiment de forme. En réalité, elle peut prendre l'apparence de n'importe qui, y compris des proches de sa victime. Ce n'est pas vraiment un fantôme car elle est soumise aux lois physiques. Par exemple, elle ne peut traverser les murs et doit frapper aux portes ou casser un carreau de fenêtre pour entrer dans une maison.

Mais ce n'est pas tout. Incapable de parler, elle se contente de marcher lentement droit sur sa cible. C'est un peu comme si on avait un zombie personnel et invisible aux yeux des autres qui nous traquait perpétuellement. Elle n'a qu'une seule cible à la fois et n'abandonne jamais sa proie, même lorsque celle ci croit la semer à l'aide d'une voiture. Les balles la ralentissent certes mais ne la tuent pas. Pour s'en débarrasser, il n'existe qu'un seul moyen. Coucher avec quelqu'un d'autre et lui refiler à son tour cette sorte de malédiction sexuellement transmissible.

Rapidement, les nerfs de Jay craquent. Elle ne peut jamais se sentir en sécurité nulle part. Et chaque fois qu'elle voit une personne seule venir dans sa direction, elle est obligée de se demander si il ne s'agit pas de cet esprit sans nom. Il y a vraiment de quoi devenir fou, surtout qu'absolument personne d'autre qu'elle (et celui qui l'a contaminé) ne peut distinguer cette chose.

Heureusement, Jay peut compter sur ses amis. Ces derniers font preuve d'un vrai dévouement envers elle mais comme ils ne voient jamais personne, il leur est impossible de vraiment la défendre. Un premier garçon nommé Greg (Daniel Zovatto) se propose de coucher avec elle pour hériter de la malédiction et vérifier ainsi la véracité de ses dires. Jay se croit sauvée. Mais quelques jours plus tard, son ami peu méfiant se fait tuer par la créature qui a pour le coup prit l'apparence de sa mère.

Et quand elle tue quelqu'un, elle reprend pour cible son ancienne victime. C'est ainsi que Jay se retrouve vite à nouveau pourchassée. Son calvaire ne finira donc jamais ! Elle peut aller au bout du monde, ce monstre la suivra même si cela lui prendra du temps. Bien des gens ont du craquer psychologiquement, abandonner la fuite et se résigner à leur triste sort par le passé.

Avec ses amis, Jay tente une dernière chance. Électrocuter la créature en l'attirant dans une piscine. Malheureusement, cet esprit aux multiples visages est bien moins bête qu'il n'y paraît et la manœuvre échoue lamentablement. Désespérée, notre jeune fille sait maintenant qu'elle ne pourra jamais échapper à son funeste destin. Elle décide donc de se consoler dans les bras de Paul (Keir Gilchrist), son ami d'enfance amoureux d'elle, pour les dernières heures qui lui reste à vivre.

Ce film est pour le moins déroutant. En apparence, cette créature n'est pas très effrayante à cause de ses lourds handicaps comme la lenteur. Mais le fait qu'elle n'abandonne jamais sa proie et peut apparaître à n'importe quel moment la rend imprévisible. Elle tue ainsi sa victime de manière psychologique avant d'ensuite lui porter le coup fatal en lui déchirant les membres. Niveau originalité, c'est très fort.

It follows possède un rythme très lent. Faute de budget, le réalisateur joue principalement la carte du suspense. Derrière chaque plan, on s'attend à voir surgir un homme ou une femme (habillé ou nu) dans le dos des autres personnages qui ne craignent quand à eux rien du tout tant qu'ils n'ont pas copulé avec Jay. Malheureusement, des longueurs sont belles et bien présentes. De plus, le scénario se veut un peu léger. Face à un tel ennemi, les possibilités scénaristiques ne manquent pourtant pas.

Les personnages manquent de profondeur. Jay est sans cesse prise de panique (ce qui est ceci dit compréhensible) et n'arrive jamais à avoir la tête froide. Greg est un play boy qui prend cette histoire un peu trop à la légère. En réalité, le protagoniste le plus intéressant est Paul. En apparence, ce n'est qu'un gringalet qui n'a aucune chance de voir son amour se concrétiser avec Jay. Mais malgré son air chétif, il fait preuve d'un vrai courage face à la créature et entoure la jeune fille du mieux qu'il peut jusqu'au bout. De plus, il montre de vrais principes moraux et refuse de se débarrasser de la malédiction en la refilant à une prostituée, ce qui serait pourtant facile pour régler l'affaire. Il a un vrai comportement de héros.

It follows n'a pas bénéficié d'une large diffusion mais c'est un vrai film d'horreur de qualité. Il est la preuve qu'aujourd'hui avec un budget riquiqui (2 M€), on peut encore réaliser de belles œuvres. Ce n'est certes pas un film culte mais par son originalité et son message sous-jacent contre la fornication à tout va et la multiplication des partenaires, il mérite d'être vu par tous les fans du genre. C'est du bon boulot.

Note : 6,5/10

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