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La caverne de Loupzaru

Un blog qui parle de BD, mangas, comics mais aussi romans, films et séries.

Captain Swing Tome 1 : Les loups de l'Ontario

Captain Swing Tome 1 : Les loups de l'Ontario

Bien qu'ils aient aujourd'hui disparu de la circulation, les bandes dessinées en petits formats ont alimenté pendant des décennies les magasins de presse. A l'époque où la télévision proposait très peu de chaines et où internet n'existait pas, ces histoires produites en noir et blanc étaient publiées le plus souvent à un rythme mensuel effréné. Certains titres ont ainsi compté plusieurs centaines de numéros à leur actif. C'est le cas de Captain Swing.

Le récit commence en 1773. Après bien des années de soumission, les colons d'Amérique du Nord ont décidé de se révolter contre l'Angleterre. En retour, cette dernière a envoyé des milliers de soldats pour mater cette rébellion avec violence. Cet épisode de l'Histoire n'est autre que la fameuse guerre d'indépendance des Etats Unis.

Cependant ici, le héros n'est pas Georges Washington mais un jeune homme agé d'une vingtaine d'années. Personne ne connaît son vrai nom. Pour tout le monde, il est le captain Swing. Chef d'une armée de rebelles appelée les loups de l'Ontario, il lutte ardemment sans cesse contre les Anglais surnommés les habits rouges à cause de la couleur de leurs uniformes.

Ce premier numéro débute ainsi. Le captain Swing apprend que quelqu'un a dérobé une lettre comportant des informations militaires qui lui était destinée. Aussitôt, il se met à la recherche du voleur avec pour unique indice une boucle de chaussure en argent. Cela lui suffit néanmoins pour débusquer le coupable, un certain Latimore qui travaille en tant qu'espion pour la couronne d'Angleterre.

Bien que seul, le captain Swing n'hésite pas à s'introduire dans le fort anglais de la ville, à défier le gouverneur du coin et à récupérer la missive (en partie brûlée). Puis, après une belle bagarre, il rentre au fort Ontario en compagnie d'une nouvelle recrue au passage appelée Murray.

Grâce à la lettre, le captain Swing apprend que les Anglais s'aprêtent à attaquer le village de New Rock en guise de représailles à la révolte. Déterminé à défendre les habitants de ce malheureux bourg, il ne possède cependant pas assez de guerriers pour vaincre deux bataillons à la fois qui viennent de l'est et du sud.

Sa seule chance consiste à en stopper un avant qu'ils se rejoignent. Par conséquent, il part au sud afin de tenter d'éliminer en douce leur chef, le colonel Sparrow. Si sa tentative échoue, il parvient malgré tout à emporter le chapeau du gradé. Et cela lui suffit pour faire croire à l'autre bataillon qu'il l'a vaincu.

Cette scène est assez amusante. Dupé, le bataillon de l'est pense que le colonel Sparrow est mort et rebrousse chemin. A leur grande surprise, les habits rouges voient donc leurs forces réduites de moitié. Par conséquent, ils ne peuvent faire face aux loups de l'Ontario qui les attendent de pied ferme au village. Vaincus, ils battent en retraite. C'est la victoire des patriotes américains. Une première qui en appellera beaucoup d'autres.

Ce premier tome nous permet déjà de saisir tous les éléments qui façonnent la série. Captain Swing, c'est avant tout de l'action pure et dure. Cascades et combats multiples parsèment le titre, tant et si bien qu'on ne s'ennuie pas un instant. Il convient d'ailleurs de préciser une chose importante. Bien que cette série soit destinée au départ à la jeunesse, les morts sont très nombreuses. Contrairement à son homonyme Blek le Roc, le captain Swing ne se contente pas d'assomer ses ennemis mais les élimine sans le moindre état d'âme. Cela lui confère un aspect beaucoup plus réaliste.

La série n'est cependant jamais sombre pour autant. Cela est dû aux nombreux gags prodigués par le chauve barbu Mister Bluff et l'indien Hibou Lugubre. Ces deux hommes sont les deux faces d'une même pièce. L'un est joyeux et dragueur alors que l'autre sans cesse pessimiste et n'apprécie guère les squaws.

Toutefois, il serait sot de croire que ces deux individus soient uniquement présents pour l'humour. Meilleurs amis du captain Swing, ils le secondent dans ses missions et savent eux aussi parfaitement se battre. A eux trois, ils peuvent tenir en respect une troupe entière d'habits rouges. Rajoutons au passage que les loups de l'Ontario sont tous des guerriers d'élite soumis à un difficile entrainement militaire.

Beaucoup de choses sont encore à dire lors de ce premier numéro mais cela demanderait un livre entier. Passons donc à la réalisation. Il faut savoir que les épisodes comprennent tous 64 pages et paraissent chaque mois. A titre de comparaison, certains auteurs de BD franco belge parviennent à produire un tome de 48 pages par an. Cela en dit long sur la cadence phénoménale de cette série.

Ce qui est incroyable, c'est que la qualité n'en souffre pas ! Même si les chapitres sont presque tous indépendants les uns des autres, Captain Swing possède un bon scénario, un héros des plus charismatiques et un dessin magnifique. Le trait est clair, dynamique, remplit de détails et des plus réguliers. C'est à se demander comment cela est réalisable dans de si petites cases et en si peu de temps.

Parut pour la première fois aux éditions Mon Journal, Captain Swing est l'oeuvre magistrale des dessinateurs italiens Giovanni Sinchetto, Darion Guzzon et Pietro Sartoris. Ce trio est plus souvent connu sous le nom commun d'Essegesse. Quelle merveilleuse équipe d'artistes injustement méconnue des fans du 9eme art !

Note : 8,5/10

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